Le maire Corbeil invite au calme et à la patience

Dominic Chamberland dominic.chamberland@tc.tc
Publié le 18 novembre 2016

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, lors de son point de presse à la sortie d'une rencontre avec le DPCP.

©Photo TC Média - Dominic Chamberland

D’un côté, ceux qui sont satisfaits de la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). De l’autre, des gens carrément indignés. Au milieu de tout ça, un maire qui tente de calmer le jeu et qui se veut solidaire des autochtones.

À la sortie d’une réunion avec le DPCP vendredi matin, où il s’est fait expliquer pourquoi aucune accusation n'a été portée contre les six policiers qui étaient suspendus à la suite d’allégations d’abus sur des femmes autochtones, Pierre Corbeil a réitéré la demande de la Ville de Val-d’Or auprès du gouvernement du Québec afin qu’une commission d’enquête indépendante sur la question soit mise en place.

Sentant que la marmite commence à chauffer pas mal, le maire Corbeil a aussi exprimé le souhait que les choses ne se mettent pas à déraper dans sa ville quand un journaliste lui a demandé s’il y avait des tensions dans la communauté.

«À l’heure actuelle, la cohabitation est pacifique, les gens sont réservés dans leurs commentaires. Ils n’ont pas posé de gestes déplacés et je les encourage à rester patients devant l’adversité, à rester calmes et surtout respectueux des uns et des autres, a-t-il mentionné.

«Je fais cette demande car ça fait une semaine qu’on chauffe le poêle, ce qui attise (le climat) et peut mener à des débordements. Ce n’est pas le temps, ça ne peut pas aider la situation. Je parle ici de part et d’autre», a ajouté M. Corbeil.

«J’entends la déception des femmes»

Pierre Corbeil dit comprendre le sentiment qui anime les femmes autochtones à la suite de la décision du DPCP. Si, à Québec, les politiciens ne semblent pas oser reconnaître qu’il pourrait y avoir du racisme dans la province, le maire de Val-d’Or franchit le pas. «J’entends la déception des femmes, nous sommes sensibles à leur désarroi, leurs craintes et leur appel à l’aide, a-t-il déclaré.

«Le 23 octobre 2015, Val-d’Or a enclenché une démarche et maintient le cap vers l’objectif de mieux vivre ensemble. En collaboration avec le Grand Conseil des Cris ainsi que les chefs de Pikogan, Kitcisakik et Lac-Simon, je rappelle de nouveau notre demande d’enquête indépendante visant à examiner les dimensions sous-jacentes de la discrimination et du racisme, a défilé M. Corbeil. Nous souhaitons que les autorités compétentes assurent une aide immédiate aux femmes autochtones de façon égale en milieu urbain et dans les communautés. Aujourd’hui, la douleur se ravive de nouveau avec les choix du DPCD», a-t-il signalé.

«Fléau social»

Le maire Corbeil a indiqué que la Ville de Val-d’Or s’affaire à élaborer, avec ses parties prenantes, un plan d’action qui sera déposé en décembre prochain afin d’agir  sur ce qu’il a qualifié de «fléau social». «On sait que la marche sera longue, mais qu’elle en vaut la peine. Il ne faut pas se laisser abattre devant la déception, mais se relever les manches et continuer à travailler ensemble, a-t-il raconté.

«Personne ne remet en cause que des événements répréhensibles aient pu avoir lieu. Ce qu’il faut, c’est mettre fin à cette situation de préjugés, de racisme et de discrimination, a poursuivi M. Corbeil. On est tous interpellés comme individus, comme citoyens, comme policiers. On n’a pas le monopole de ça (le racisme), comme on a pu le voir lors de la campagne électorale américaine. Faisons notre examen de conscience individuel, et après, changeons nos attitudes collectivement», a-t-il suggéré.