Une autre année de répit pour les feux de forêt

Guy Lacroix guy.lacroix@tc.tc
Publié le 18 novembre 2016

Le plus gros incendie de la saison a touché le secteur du lac Valets à l’est de Senneterre, détruisant 42 hectares de forêt.

©Photo TC Média - Archives

Pour une quatrième année de suite en Abitibi-Témiscamingue le nombre de feux de forêt et d’hectares détruits a été nettement sous la moyenne, principalement grâce à Mère Nature.

Le 15 novembre marquait la fin de la saison à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). Une saison plutôt tranquille comme l’explique Robert Lemay, agent à la protection et à l’information. «Pour une quatrième année consécutive nous avons connu une saison qui se situe en dessous de la moyenne sur 10 ans que nous avons établie.

Nous avons eu à faire face à 62 feux alors que la moyenne est de 100 par année. Nous avons enregistré 134 hectares détruits (13 kilomètres carrés) comparativement à une moyenne sur 10 ans de 15 000 hectares.»

Les conditions climatiques expliquent en grande partie la situation, de dire M. Lemay. «Nous avons eu un printemps frais et pluvieux ce qui offre une bonne protection au sol lors des feux de nettoiement. Il y a eu de la pluie régulière par la suite et peu de chaleur sur une longue période. Il a fait beau et chaud à partir de la mi-juillet mais les gens ont été prudents dans leurs activités.»

Trois fois sur quatre à cause de l'Homme

Des 62 feux combattus, 15 ont été allumés par la foudre alors que les autres ont été le résultat d’activités humaines, principalement des articles de fumeurs, des feux de camp ou encore des travaux en forêt.

Le plus important incendie (42 hectares) a pris naissance dans le secteur du lac Valets, à l’est de Senneterre. Un article de fumeur serait possiblement en cause. Le deuxième (23 hectares) a touché le secteur de Béarn au Témiscamingue et a été causé par des travaux en forêt. À noter qu’un hectare correspond à environ deux terrains de football.

Six pompiers de la SOPFEU de l’Abitibi-Témiscamingue basés à Val-d’Or et Matagami ont aussi été appelés en renfort en Alberta pour combattre l’incendie de Fort McMurray, qui avait causé l’évacuation de 90 000 personnes en mai dernier.

Un grand territoire

La base de la SOPFEU de Val-d’Or doit couvrir un large territoire incluant l’Abitibi-Témiscamingue et une partie du Nord-du-Québec s’étendant jusqu’à la hauteur de la rivière Broadback. Elle peut aussi être appelée à venir en assistance plus haut sur le territoire de la Baie-James ou ailleurs au Canada comme ce fût le cas à Fort McMurray ce printemps. Elle emploie 90 personnes, dont 47 pompiers, 33 étant basés à Val-d’Or et les autres à Matagami.

L’équipement

Les avions citernes constituent le fer de lance des pompiers de la SOPFEU, mais ils ne sont utilisés que dans le cas des incendies majeurs, soit environ 10 % du temps. Il y en a 15 au Québec et la SOPFEU d’ici en opère quatre, deux postés à Val-d’Or et deux autres à Matagami. Pour leur travail au sol, les pompiers utilisent bien souvent des outils manuels comme les pics, les pelles et les pioches, ou encore de la machinerie lourde pour faire des tranchées. Pour éteindre les feux, ils disposent de 200 motopompes.