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Sauvegarder les caribous forestiers coûterait 740 M $ par année


Publié le 12 octobre 2017

On compterait 79 caribous forestiers au Québec, dont une quinzaine à Val-d’Or.

©Photo gracieuseté – Depositphotos.com/GoodMoodPhoto

La sauvegarde de 79 caribous forestiers coûterait, selon l’Institut économique de Montréal (l’IEDM), plus de 740 millions de dollars par année en activité économique perdue et 5675 emplois directs au Québec.

L’IEDM, un organisme de recherche et d’éducation indépendant, non partisan et sans but lucratif, s’est basé sur les recommandations du gouvernement fédéral pour sa recherche sur le plan de sauvegarde.

«Si Québec met en œuvre ces recommandations, la baisse des récoltes représenterait une perte de 72 emplois directs pour la sauvegarde, incertaine, d’un seul caribou. Cela représenterait un coût de 9,4 M $ par caribou, sans garantie du résultat, pour l’ensemble des trois régions touchées par le Plan de rétablissement du caribou forestier, soit le Saguenay – Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec», mentionne Alexandre Moreau, analyste en politiques publiques à l’Institut, dans un communiqué.

Moins de bois

Ces mesures pour protéger l’habitat du caribou forestier réduiraient les volumes de bois disponibles pour la récolte, selon l’étude.

«Cela imposerait des coûts économiques importants aux régions qui dépendent de l’activité forestière. Juste pour le Saguenay – Lac-Saint-Jean, la diminution des volumes disponibles serait d’environ 25%, soit une perte de 261 M $ et de 1762 emplois directs, soit un coût de 11,3 M $ pour chaque caribou», lit-on dans le communiqué.

«Des mesures de conservation pour protéger la biodiversité sont nécessaires et plusieurs sont déjà en place, mais elles doivent avoir des effets positifs concrets et des coûts qui ne sont pas disproportionnés par rapport aux objectifs. Ces deux critères ne semblent pas être respectés lorsqu’il est question du caribou forestier», a ajouté M. Moreau.

Celui-ci estime que l’impact serait diminué si le Plan avait ciblé seulement les forêts où la survie est la plus probable. «Le gouvernement est bien conscient des coûts et de l’incertitude quant à l’évolution des populations de caribous. Il est à souhaiter qu’il prenne une décision éclairée en tenant compte des principes du développement durable, qui comprend la dimension économique», a conclu Alexandre Moreau.