Du plastique cancérigène pour remplacer les appâts?


Publié le 19 mai 2017

L’emballage de ces appâts en plastique indique clairement que le produit contient des produits reconnus comme étant cancérigènes.

©Photo TC Media - Marc-André Gemme

L’ouverture de la saison de pêche estivale 2017 se fait dans la controverse cette année, alors que l’interdiction de pêcher avec des poissons-appâts (morts ou vivants) indigne bien des gens, incluant le député d’Abitibi-Ouest, François Gendron.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) suggère aux pêcheurs d’opter pour d’autres types d’appâts tels que des vers, des sangsues et des leurres en plastique. Or, l’utilisation d’appâts en plastique soulève d’autres questions environnementales, qui pourraient s’avérer très néfastes pour la santé publique.

«Sûrement que ç’a été bien étudié, mais je pense qu’il y a encore des réflexions à faire sur l’application du règlement, parce que du plastique, ce n’est pas décomposable», a affirmé Nathalie Dallaire, présidente de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs de l’Abitibi-Témiscamingue.

Elle explique que les appâts peuvent se décrocher de l’hameçon et rester pris dans la bouche du poisson. «Vu que ce n’est pas décomposable, il va rester là, a-t-elle expliqué. Après ça c’est nous qui allons manger ce poisson-là.»

Elle souligne également qu’un poisson rempli de plastique n’aura plus faim puisque son estomac est constamment plein, mais il ne retire aucun élément nutritif et risque de mourir.

Produits chimiques cancérigènes

Les achats sur Internet sont de plus en plus fréquents, même pour l’achat d’appâts et de leurres. Nathalie Dallaire avait en sa possession un paquet d’appâts en plastique commandés sur Internet. On y retrouve une étiquette qui indique très clairement que le produit contient des produits chimiques reconnus pour être cancérigènes. L’ingestion ou le contact avec ce produit pourrait non seulement affecter la santé des poissons, mais celle des consommateurs.

Gendron demande au gouvernement d’intervenir

François Gendron s'indigne de la décision d'interdire l'utilisation de poissons-appâts.
Photo TC Media - Marc-André Gemme

«Règle générale, lors de la première journée de la pêche, les pêcheurs sont heureux, malheureusement cette année ça va être plus triste et ce n’est pas à cause de la température, a affirmé le député d’Abitibi-Ouest, François Gendron. C’est lié à une décision qui pourrait être différente tout en voulant réaliser le même objectif.»

Il explique que personne n’a d’intérêt à propager des espèces envahissantes dans nos cours d’eau, mais ne comprend pas la décision du gouvernement d’interdire complètement l’utilisation des poissons-appâts.

«Les gens m’implorent de tenter de faire modifier ce règlement-là, a affirmé François Gendron. C’est clair que c’est plus difficile après qu’avant, mais comme on l’a fait en catimini, on l’a fait cacher, on l’a fait sans consulter les nôtres, mais pire que ça, c’est l’impact de cette décision pour une région comme la nôtre.»

Toujours selon le député, certains fournisseurs comme Glace Carnaval, qui compte près de 300 points de vente en Abitibi-Témiscamingue seulement, risque de perdre d’importantes sommes d’argent. De nombreux commerçants comptent également sur les revenus liés à la vente d’appâts pour vivre.

C’est pour toutes ces raisons que François Gendron somme le gouvernement de renverser sa décision sur l’utilisation de poissons-appâts pour la pêche récréative.