Tembec à Senneterre: Québec entend agir

Dominic Chamberland dominic.chamberland@tc.tc Publié le 3 février 2016

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte.

©Photo: TC Média – archives

À Senneterre, on réclame depuis longtemps l’intervention du gouvernement provincial pour assurer l’avenir de l’usine de sciage Tembec, dont le nouvel arrêt des opérations – pour une période indéfinie cette fois – sème l’inquiétude chez les employés et au sein de la communauté.

On craint pour la survie même de l’usine et le maire Jean-Maurice Matte accueille cette nouvelle comme une véritable tuile sur sa ville. «Cela a des impacts économiques chez-nous, surtout avec la fermeture de l’usine Comtois en plus. Ça mène des travailleurs au chômage, fait-il remarquer.

«On comprend que c’est difficile d’agir pour l’aspect concernant les conditions du marché, mais par contre, le gouvernement peut agir concernant le coût de la fibre, qui a beaucoup augmenté ces dernières années, signale M. Matte. Ça fait longtemps que le gouvernement est interpellé là-dessus et on espère des gestes concrets de sa part.»

Du bois disponible

À l’usine Tembec de Senneterre, autant la direction que le syndicat demandent à Québec et au ministère des Forêts qu’on lui garantisse un approvisionnement en bois suffisant pour assurer son fonctionnement à long terme (on parle de 100 000 mètres cubes de bois supplémentaires par année).

Tembec Senneterre souhaite combler ce manque avec les volumes de bois non récoltés dans la région. «Mais le gouvernement en met plutôt aux enchères, ce qui fait monter le coût de la fibre, mentionne Jean-Maurice Matte.

«Ce n’est donc pas une question qu’il manque de bois, car il y a du bois de disponible pour toutes les usines en place. Il s’agit de le distribuer de la bonne façon pour assurer leur rentabilité», soutient-il.

Le député Bourgeois: «Adapter notre Régime forestier à nos réalités»

L’appel de Jean-Maurice Matte semble avoir été entendu, alors que le ministre des Forêts, Laurent Lessard, le ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, Luc Blanchette, et le député d’Abitibi-Est, Guy Bourgeois, assurent que Québec a l’intention de continuer à travailler avec Tembec pour trouver une solution au problème.

«En tant que député, je suis particulièrement sensible aux problématiques vécues par les entreprises forestières de notre région. C’est pourquoi j’ai interpellé le ministre pour qu’on travaille sans relâche afin d’adapter notre Régime forestier à nos réalités», affirme M. Bourgeois dans un communiqué du gouvernement.

Le ministre Blanchette: «Nous devons aider les entreprises à être plus compétitives»

La création de la Cellule de travail Tembec/ministère des Forêts, la présence du ministre Lessard dans la région pour la tournée «faire plus» et l’étude comparative Québec-Ontario sont des preuves du travail du gouvernement ces deux dernières années, selon le député Bourgeois.

C’est bien beau tout ça, mais en attendant, près de 150 travailleurs de Tembec à Senneterre vont se retrouver au chômage pour une période indéterminée, à compter du 8 février. «Le gouvernement continue son travail en collaboration avec les entreprises oeuvrant en forêt afin d’évaluer plus justement le coût de la fibre, indique pour sa part Luc Blanchette.

«C’est pour cette raison que nous avons annoncé en juin dernier la création de la Cellule d’intervention forestière. Nous reconnaissons l’importance de cette industrie au Québec et dans nos régions. Nous ne contrôlons pas les prix du marché, mais nous devons aider les entreprises à être plus compétitives», ajoute-t-il.

Une année de transition

Selon Québec, les travaux de la Cellule Tembec/ministère des Forêts devraient se conclure dans les prochaines semaines. Quant à la Cellule d’intervention forestière, les ministères des Finances, de l’Économie et des Forêts travaillent de concert avec l’industrie pour évaluer le coût de la fibre et diverses solutions afin de moderniser l’industrie forestière québécoise, nous dit-on.

«Tous s’entendent pour dire que 2016 sera une année de transition», clame-t-on dans le communiqué du gouvernement. «C’est un travail en progression. Agir, oui, mais il faut agir correctement, a mentionné le ministre Lessard à Radio-Canada. On entend la détresse des travailleurs et on ne baisse pas les bras. Nous avons bon espoir de faire inscrire de nouvelles mesures dans le prochain budget», a-t-il signifié.

Des employés inquiets

Quoi qu’il en soit, ce nouvel arrêt des opérations n’a rien de tellement rassurant pour les employés de l’usine Tembec de Senneterre. «C’est très inquiétant, surtout que le contrat d’approvisionnement en bois se termine en mars 2017. S’il ne peut pas y avoir d’autres achats de bois (par la compagnie), on se demande bien ce qui va nous arriver, raconte Alain Caron, président du syndicat.

«Le bois revendiqué (100 000 mètres cubes supplémentaires), ce n’est même pas de nouveaux endroits de coupe; le but est d’aller chercher le bois parmi les cinq millions de mètres cubes non réclamés dans la région, fait-il remarquer. Sur un plan de 10 ans, ça donnerait à la compagnie la marge de manœuvre nécessaire pour continuer les opérations de l’usine. En fait, on revendique la moitié des 200 000 mètres cubes de bois que nous avons perdus dans le passé», souligne M. Caron, qui réclame une rencontre avec le ministre Lessard à ce sujet.

En manchette

Henley, Galipeau et St-Amant invités chez les pros

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Alain Mercier reste détenu

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Tembec à Senneterre: Québec entend agir

Dominic Chamberland dominic.chamberland@tc.tc Publié le 3 février 2016

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte.

©Photo: TC Média – archives


À Senneterre, on réclame depuis longtemps l’intervention du gouvernement provincial pour assurer l’avenir de l’usine de sciage Tembec, dont le nouvel arrêt des opérations – pour une période indéfinie cette fois – sème l’inquiétude chez les employés et au sein de la communauté.

On craint pour la survie même de l’usine et le maire Jean-Maurice Matte accueille cette nouvelle comme une véritable tuile sur sa ville. «Cela a des impacts économiques chez-nous, surtout avec la fermeture de l’usine Comtois en plus. Ça mène des travailleurs au chômage, fait-il remarquer.

«On comprend que c’est difficile d’agir pour l’aspect concernant les conditions du marché, mais par contre, le gouvernement peut agir concernant le coût de la fibre, qui a beaucoup augmenté ces dernières années, signale M. Matte. Ça fait longtemps que le gouvernement est interpellé là-dessus et on espère des gestes concrets de sa part.»

Du bois disponible

À l’usine Tembec de Senneterre, autant la direction que le syndicat demandent à Québec et au ministère des Forêts qu’on lui garantisse un approvisionnement en bois suffisant pour assurer son fonctionnement à long terme (on parle de 100 000 mètres cubes de bois supplémentaires par année).

Tembec Senneterre souhaite combler ce manque avec les volumes de bois non récoltés dans la région. «Mais le gouvernement en met plutôt aux enchères, ce qui fait monter le coût de la fibre, mentionne Jean-Maurice Matte.

«Ce n’est donc pas une question qu’il manque de bois, car il y a du bois de disponible pour toutes les usines en place. Il s’agit de le distribuer de la bonne façon pour assurer leur rentabilité», soutient-il.

Le député Bourgeois: «Adapter notre Régime forestier à nos réalités»

L’appel de Jean-Maurice Matte semble avoir été entendu, alors que le ministre des Forêts, Laurent Lessard, le ministre responsable de l’Abitibi-Témiscamingue, Luc Blanchette, et le député d’Abitibi-Est, Guy Bourgeois, assurent que Québec a l’intention de continuer à travailler avec Tembec pour trouver une solution au problème.

«En tant que député, je suis particulièrement sensible aux problématiques vécues par les entreprises forestières de notre région. C’est pourquoi j’ai interpellé le ministre pour qu’on travaille sans relâche afin d’adapter notre Régime forestier à nos réalités», affirme M. Bourgeois dans un communiqué du gouvernement.

Le ministre Blanchette: «Nous devons aider les entreprises à être plus compétitives»

La création de la Cellule de travail Tembec/ministère des Forêts, la présence du ministre Lessard dans la région pour la tournée «faire plus» et l’étude comparative Québec-Ontario sont des preuves du travail du gouvernement ces deux dernières années, selon le député Bourgeois.

C’est bien beau tout ça, mais en attendant, près de 150 travailleurs de Tembec à Senneterre vont se retrouver au chômage pour une période indéterminée, à compter du 8 février. «Le gouvernement continue son travail en collaboration avec les entreprises oeuvrant en forêt afin d’évaluer plus justement le coût de la fibre, indique pour sa part Luc Blanchette.

«C’est pour cette raison que nous avons annoncé en juin dernier la création de la Cellule d’intervention forestière. Nous reconnaissons l’importance de cette industrie au Québec et dans nos régions. Nous ne contrôlons pas les prix du marché, mais nous devons aider les entreprises à être plus compétitives», ajoute-t-il.

Une année de transition

Selon Québec, les travaux de la Cellule Tembec/ministère des Forêts devraient se conclure dans les prochaines semaines. Quant à la Cellule d’intervention forestière, les ministères des Finances, de l’Économie et des Forêts travaillent de concert avec l’industrie pour évaluer le coût de la fibre et diverses solutions afin de moderniser l’industrie forestière québécoise, nous dit-on.

«Tous s’entendent pour dire que 2016 sera une année de transition», clame-t-on dans le communiqué du gouvernement. «C’est un travail en progression. Agir, oui, mais il faut agir correctement, a mentionné le ministre Lessard à Radio-Canada. On entend la détresse des travailleurs et on ne baisse pas les bras. Nous avons bon espoir de faire inscrire de nouvelles mesures dans le prochain budget», a-t-il signifié.

Des employés inquiets

Quoi qu’il en soit, ce nouvel arrêt des opérations n’a rien de tellement rassurant pour les employés de l’usine Tembec de Senneterre. «C’est très inquiétant, surtout que le contrat d’approvisionnement en bois se termine en mars 2017. S’il ne peut pas y avoir d’autres achats de bois (par la compagnie), on se demande bien ce qui va nous arriver, raconte Alain Caron, président du syndicat.

«Le bois revendiqué (100 000 mètres cubes supplémentaires), ce n’est même pas de nouveaux endroits de coupe; le but est d’aller chercher le bois parmi les cinq millions de mètres cubes non réclamés dans la région, fait-il remarquer. Sur un plan de 10 ans, ça donnerait à la compagnie la marge de manœuvre nécessaire pour continuer les opérations de l’usine. En fait, on revendique la moitié des 200 000 mètres cubes de bois que nous avons perdus dans le passé», souligne M. Caron, qui réclame une rencontre avec le ministre Lessard à ce sujet.