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Cinq ans de paix syndicale à la mine Raglan


Publié le 14 juillet 2017

D’une durée de cinq ans, la nouvelle convention collective à la mine Raglan a été ratifiée dans une proportion de 78 % par les quelque 575 travailleurs représentés par le Syndicat des Métallos.

©Glencore Canada mine Raglan

Glencore Canada pourra compter sur cinq ans de paix syndicale à la mine Raglan, alors que les 575 travailleurs représentés par le Syndicat des Métallos ont approuvé un nouveau contrat de travail dans une proportion de 78 %.

La ratification de la nouvelle convention collective a eu lieu dans la soirée du 13 juillet, écartant du coup toute menace de grève. Sur le plan monétaire, celle-ci prévoit des hausses salariales totalisant 13,5 %, l’augmentation de diverses primes, la bonification de la portion versée par l’employeur dans le régime de retraite et l’amélioration de l’assurance-invalidité. Le contrat prévoit aussi une prime de 5000 $ à la signature.

Lors des négociations, l’employeur a reconnu que le climat de travail à la mine n’est pas bon. Pour nous, cette reconnaissance est un très gros pas en avant

Benoît Locas

Du côté des horaires, un comité paritaire formé de représentants de l’employeur et du syndicat étudiera la viabilité d’un horaire réparti sur deux semaines de travail suivies de deux semaines de congé. À l’heure actuelle, les horaires sont surtout planifiés sous les formes 3-2, 3-2/2-3 et, plus rarement, 4-2.

Moins de sous-traitance

Le recours à la sous-traitance sera également limité à 20 % des effectifs en tout temps, tandis que des mécanismes seront améliorés pour faciliter l’évolution professionnelle des travailleurs. «Jusqu’alors, les meilleurs postes étaient souvent réservés à des sous-traitants. Certains de nos membres éprouvaient donc le sentiment de ne jamais pouvoir progresser. Il en a résulté beaucoup de frustration», a indiqué le représentant syndical de la mine Raglan, Benoît Locas.

Climat de travail à améliorer

De l’avis de celui-ci, le principal gain du nouveau contrat de travail n’est d’ailleurs pas de nature monétaire. «Lors des négociations, l’employeur a reconnu que le climat de travail à la mine n’est pas bon. Pour nous, cette reconnaissance est un très gros pas en avant. Cela faisait au moins trois ans que nos membres nous le signalaient», a mentionné M. Locas.

Dans cette foulée, Glencore Canada s’est engagée à rétablir de bonnes relations de travail à Raglan en présence d’un médiateur délégué par le ministère du Travail. «Ça augure très bien pour la suite des choses, a fait valoir Benoît Locas. On ne doit pas perdre de vue que nos membres passent 50 % de leur année sur un site très isolé. C’est un milieu déjà difficile, alors si les relations de travail ne sont pas bonnes, ça ne fait qu’empirer la situation.»

Celui-ci a d’ailleurs tenu à féliciter chaleureusement l’implication des travailleurs syndiqués pendant toute la durée des négociations. «Sans le rapport de force soutenu sur lequel nous avons pu compter en tout temps, nous n’aurions jamais pu obtenir une convention de la sorte», a-t-il insisté.

Négociations difficiles

D’une durée de six ans, la précédente convention collective à la mine Raglan était arrivée à échéance le 30 avril. Moins d’une semaine plus tard, les syndiqués s’étaient dotés à 99,6 % d’un mandat de grève à exercer au moment opportun. En parallèle, l’employeur avait obtenu un droit de lock-out.

Le 1er juin, les deux parties étaient parvenues à signer une entente de principe. Or, le 23 juin, les travailleurs l’avaient en très grande majorité rejeté, renvoyant le syndicat et l’employeur à la table des négociations.

Une nouvelle entente de principe est survenue le 30 juin. Les membres du syndicat ont ensuite été consultés, et l’accord a été ratifié le 13 juillet.