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Tecolam contrainte de fermer ses portes


Publié le 6 juillet 2017

L'usine de Tecolam avait ouvert au printemps 2011.

©Photo TC Média – Dominic Chamberland

Tecolam, une entreprise de fabrication de poutres et colonnes de bois lamellé-collé qui était en activités depuis 2011 à Val-d'Or, a mis fin à ses activités en décembre dernier, faute de rentabilité. 

L'usine avait nécessité un investissement de 6 millions $ pour voir le jour, dont une aide financière de 2,2 M $ provenant du gouvernement fédéral. Tecolam a fait partie de ce mouvement d'entrepreneurs au Québec qui souhaitent valoriser l'utilisation du bois pour les structures des bâtiments.

On a manqué de souffle et de budget

Yves Aubé

Le président du conseil d'administration, Yves Aubé, explique que le marché des structures de bois lamellé-collé est grandissant, mais encore trop petit, ce qui a causé une accumulation des pertes liées aux opérations.

«Il y a tout simplement trop de joueurs sur le marché. Au Québec, il y a Chantiers Chibougamau qui est majeur, mais il y en a deux autres. Ça veut dire qu'on était quatre, mais nous, on fonctionnait à seulement 30 % de notre capacité», précise M. Aubé.

ll croit que la compétition avec Chantiers Chibougamau aura nui au déploiement de Tecolam. «Les prix sont tombés quand on est arrivés sur le marché parce qu'ils (Chantiers Chibougamau) voulaient garder leur part du marché», souligne Yves Aubé.

Plusieurs réalisations

La structure permanente du Marché public de la Vallée-de-l'Or avait été conçue par Tecolam.
Photo TC Média – Dominic Chamberland

Au cours des six dernières années, l'entreprise valdorienne a contribué à la réalisation de projets phares dans la région, dont le Parc Osisko à Malartic, la structure permanente du Marché public de la Vallée-de-l'Or, le Centre multifonctionnel de Lac-Simon, l'agrandissement de l'aéroport de Val-d'Or, l'aréna Jean-Marie Turcotte du quartier Cloutier à Rouyn-Noranda et la nouvelle caserne de pompiers de Val-d'Or. L'entreprise a également contribué à plusieurs projets ailleurs au Québec, dont le préau de l'aquarium de la Ville de Québec.

D’autres marchés nécessaires

Avant de mettre fin aux opérations, le 31 décembre dernier, le conseil d'administration, composé d'hommes d'affaires actifs dans divers domaines à Val-d'Or, a tenté de trouver des solutions. «Il aurait fallu pouvoir développer d'autres marchés, au Canada, aux États-Unis, parce qu'une usine comme celle-là, il faut que ça produise beaucoup pour au moins couvrir les frais d'opération, mais on a manqué de temps», déplore Yves Aubé.

Les administrateurs ont même tenté d'obtenir des subventions et d'approcher d'autres entreprises qui auraient pu reprendre les opérations de l'usine, mais sans succès.

En liquidation

Entre 18 et 30 travailleurs étaient à l'emploi de Tecolam lors des dernières années, selon M. Aubé. Il n'y a maintenant plus aucun salarié à l'exception du directeur général, qui s'occupe d'orchestrer la liquidation des biens.

«On est rendus à un mode de liquidation de l'entreprise. On vend les actifs, les équipements et le bâtiment. On est en discussions avec les créanciers pour l'acceptation de ces ventes d'actifs», indique M. Aubé. 

Un produit apprécié

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, a souligné à plusieurs reprises au cours de la dernière année les bénéfices liés à l'utilisation des structures de bois pour la construction des nouvelles infrastructures de la ville.

Le professeur titulaire de la Chaire industrielle de recherche sur la construction écoresponsable en bois de l'Université Laval, Pierre Blanchet, qui avait donné une conférence à Val-d'Or il y a quelques mois, croit également qu'il s'agit d'une option plus esthétique et qui peut notamment avoir des impacts non négligeables sur l'expérience client.