Opposition à un projet minier dans la réserve La Vérendrye

Thomas Deshaies thomas.deshaies@tc.tc
Publié le 11 octobre 2016

Des membres de la communauté algonquine du Lac Barrière ont procédé à une action de sensibilisation le jour de l'Action de grâce.

©Photo gracieuseté

La communauté algonquine du Lac Barrière a tenu une action de sensibilisation lundi sur la route 117. Des dépliants d'information ont été distribués aux automobilistes afin de faire connaître l’opposition des gens de cette communauté à un projet d'exploration minière sur leur territoire, situé à 160 kilomètres de Val-d'Or, en plein cœur de la réserve faunique La Vérendrye.

On va être présent dans le territoire et s'il y a des activités minières, on va les arrêter. Tony Wawatie

La circulation a été perturbée durant une bonne partie du jour férié de l'Action de grâce. La communauté s'oppose à un projet de la compagnie Copper One, qui aurait découvert un gisement de cuivre et de nickel.

«On a découvert que la compagnie veut commencer l'exploration dès la mi-octobre», déplore Tony Wawatie, directeur général par intérim du Conseil des Algonquins du Lac Barrière (Mitchikanibikok Inik). Selon lui, Copper One a annoncé clairement ses intentions dès la fin du moratoire qui prévalait sur le territoire depuis 2011, cet été.

Au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, on affirme pourtant que «la région du Lac Barrière n'a jamais fait l'objet d'un moratoire sur un territoire défini, de toute activité minière.»

C'est ce qu'a affirmé le relationniste de presse, Sylvain Carrier, tout en précisant «que les claims (titres miniers d'exploraton) de Copper One ont fait l'objet d'une suspension de la période de validité sur la base d'une problématique de sécurité publique. Cinq ans plus tard, en l'absence de motifs liés à la sécurité, le ministère a mis fin à la suspension, le 29 juillet 2016.»

Fausses promesses?

La communauté négocie présentement une entente tripartite et aurait réitéré son souhait à la table de négociations que le territoire soit exclu de toute activité minière. Selon Tony Wawatie, le représentant du gouvernement, Mario Gibeault, aurait confirmé par écrit le 6 août «qu'aucune activité minière ne serait envisagée», ce qui provoque une certaine incompréhension et incertitude dans la communauté, compte tenu des déclarations contradictoires de la compagnie minière. «Il ne faut pas leur permettre d'explorer parce que ça va affecter notre négociation avec le gouvernement du Québec», prévient M. Wawatie.

Protéger l'environnement

La communauté appréhende les impacts négatifs sur l'environnement que pourrait avoir le projet minier. «Ça va polluer l'eau et les animaux vont être contaminés. Ça va tout détruire notre nourriture», craint M. Wawatie. Il a également tenu à rappeler que le projet minier pourrait avoir des impacts indésirables sur les citoyens qui fréquentent la réserve faunique dans un cadre récréatif.

M. Wawatie affirme que l'action a été perçue positivement par les automobilistes, qui ont été nombreux à démontrer leur appui. «Les gens soutiennent l'action du Lac Barrière et c'est le fun de voir ça. C'est notre futur et ce seront nos enfants qui seront impactés», explique-t-il.

Postes de contrôle

Des postes de contrôle seront érigés pour empêcher tout employé de la compagnie minière d'accéder au territoire. «S'il y a quelque chose qui arrive, les gens vont descendre dans le bois pour évacuer les gens qui travaillent là-bas», insiste M. Wawatie, qui prévient qu'une escalade des moyens de pression est prévue.

Au moment de mettre en ligne, Copper One n'avait toujours pas retourné nos appels.