L'impression que les citoyens n'ont aucun pouvoir

Thomas Deshaies thomas.deshaies@tc.tc
Publié le 24 octobre 2016

Le maire Martin Ferron croit qu'il faut faire un parallèle entre l'adhésion de deux tiers de la population au Guide de cohabitation et l'absence de citoyens aux dernières séances du conseil.

©Photo TC Média – Archives

Pour Guy Morissette, du Comité citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic, l'absence de participation s'explique également parce que les citoyens ont l'impression que les décisions sont déjà prises d'avance et qu'il est donc inutile d'intervenir.

C'est comme si les élus se disaient qu'ils avaient le monopole des bonnes idées et que la population venait juste pour critiquer Guy Morissette

«La réunion en tant que telle dure à peu près 15-20 minutes. La formule n'amène pas les citoyens à y participer parce qu'ils ne se sentent pas concernés», affirme M. Morissette.  

Pourquoi le Comité citoyens, qui requiert une rencontre avec le conseil municipal depuis quelques semaines, n'a pas participé à une séance du conseil depuis les derniers mois? M. Morissette explique que les membres du Comité citoyens n'ont pas voulu faire usage de la tribune qu'est le conseil municipal parce qu'ils ont l'impression «que les élus se sentent toujours attaqués en leur présence en séance, même s'ils ne veut qu'obtenir certaines explications.»

L'absence de citoyens malgré la demande de recours collectif est probante selon le maire. «Ça fait trois semaines que le Guide de cohabitation a été mis en place et le deux tiers de la population est déjà inscrit. On risque de se rendre à 3000 sur une population de 3300, donc c'est juste quelques personnes qui sont insatisfaites», affirme-t-il, tout en spécifiant «que la porte reste ouverte s'ils veulent venir s'exprimer, mais que les élus ne sont pas des girouettes.»

Les décisions sont prises avant le conseil

Les membres du conseil se réunissent toujours au préalable et discutent des points à l'ordre du jour. Ce qui pourrait expliquer le fait que l'ensemble des résolutions qui ont été adoptées à Malartic depuis un an, l'a été à l'unanimité. Ce n'est pas problématique selon le maire, mais la preuve que le conseil municipal est soudé. «On travaille en caucus et ça sert à trouver des orientations qui, espérons-le, feront l'unanimité», réplique-t-il, tout en précisant «qu'il n'y a pas de ligne de parti.»

Une intervention d'un citoyen pourrait-elle faire influencer une décision du conseil? «Oui absolument, le conseil peut reporter un point pour ré-analyser le dossier. Depuis que je suis maire, est-ce que c'est arrivé? Je ne sais pas», concède toutefois M. Ferron.

«La participation citoyenne, cela a toujours été un fiasco depuis aussi longtemps que je me souvienne, insiste M. Morissette, qui affirme que les élus «ont la conviction qu'ils ont été uniquement élus pour prendre des décisions et qu'ils n'ont donc pas de réelle volonté à encourager la participation des citoyens» à la vie démocratique de la Ville.

L'absence de participation est tournée en dérision

Les élus n'affichent pas leurs préoccupations face à cette absence de participation au conseil municipal. La situation est par ailleurs régulièrement tournée en dérision. C'était notamment le cas lors de la séance du 13 septembre où deux assemblées publiques étaient prévues à l'ordre du jour à propos de projets de Règlement omnibus. Face à l'absence de citoyen, certains membres du conseil ont demandé à des citoyens «invisibles» s'ils s'opposaient, tout en rigolant compte tenu de l'absurdité de la situation. Le décorum n'était pas non plus au rendez-vous lorsqu'un conseiller a imité une prière musulmane durant la période de recueillement qui avait lieu au début de cette même séance.

Pour lire la première partie de l'article:

Malartic: un conseil municipal déserté par les citoyens