Crise à Val-d'Or: l'enquête jugée impartiale, mais insuffisante

Thomas Deshaies thomas.deshaies@tc.tc
Publié le 16 novembre 2016

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L'observatrice indépendante Fannie Lafontaine qui avait été mandatée par le gouvernement du Québec pour analyser l'enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) concernant les allégations d'abus sur des femmes autochtones juge l'enquête impartiale, mais insuffisante.

Les événements de Val-d’Or et d’ailleurs mettent à l’avant-plan la question de pratiques policières discriminatoires et plus particulièrement celle de l’existence d’un racisme systémique Fannie Lafontaine

«L’enquête du SPVM a été menée selon les plus hauts standards, sans complaisance à l’égard des policiers impliqués, dans le plein respect des droits des victimes et en tenant compte de la nature sexuelle de certaines allégations et du contexte autochtone», écrite-elle dans son rapport de 154 pages rendu public en fin d'après-midi mercredi. 

Mme Lafontaine pouvait consulter tout document pertinent, échanger avec le responsable des enquêteurs, visiter des lieux liés à l'enquête et prendre connaissance des témoignages. 

Insuffisant 

Elle juge toutefois que l'enquête du SPVM n'est pas suffisante dans ce contexte de crise. «La justice (…) doit être rendue tant au plan individuel qu'au plan collectif, via des mesures complémentaires au processus criminel», souligne-t-elle.

Elle se questionne également sur la suffisance de l'Enquête nationale fédérale, notant la demande de plusieurs acteurs à l'effet que Québec déclenche sa propre enquête. 

Ne remet pas en question la véracité de l'histoire 

«Ces témoignages qui brisent le silence ne sont pas vains, même lorsqu’ils ne mènent pas à la responsabilisation pénale individuelle d’un policier pour des raisons propres au système pénal qui ne remettent aucunement en question la véracité de l’histoire vécue», mentionne Mme Lafontaine. 

Elle demande à ce que les femmes qui ont témoigné dans le cadre de l'enquête reçoivent un accompagnement psychosocial immédiat. «Leur besoin de protection –à l’encontre de représailles ou de harcèlement médiatique– (…), est urgent», stipule-t-elle. 

Racisme systémique dans la police 

L'observatrice appelle à ce que les témoignages soient considérés comme révélateur d'un problème systémique. «Les événements de Val-d’Or et d’ailleurs mettent à l’avant-plan la question de pratiques policières discriminatoires et plus particulièrement celle de l’existence d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre à l’égard des Autochtones», écrit-elle.