Dysphasie: une association régionale pourrait voir le jour

Thomas Deshaies thomas.deshaies@tc.tc
Publié le 16 novembre 2016

Sébastien Lavoie a témoigné de son expérience personnelle et a appelé à la formation d'une association régionale.

©Photo TC Média – Thomas Deshaies

Le directeur de la clinique SAS (soutien et apprentissage spécialisé) de Rouyn-Noranda, Sébastien Lavoie, était de passage à Val-d'Or mardi soir où il a donné une conférence sur la dysphasie. L'un des objectifs était de prendre le pouls des participants concernant la possible création d'une association régionale.

Plus que les gens vont connaître la situation, plus ils vont être capable d'aller chercher les ressources nécessaires Sébastien Lavoie

La dysphasie est un trouble primaire du langage qui peut tout aussi bien affecter la sphère réceptive qu'expressive. Les personnes vivant avec la dysphasie peuvent notamment avoir de la difficulté à s'exprimer, vivre des épisodes de confusion et éprouver de l'incompréhension face aux concepts abstraits. «9,4% des enfants de 5 ans ont des troubles du langage. À 12 ans, 72 % de ces enfants voient leur trouble persister», explique Sébastien Lavoie.

M. Lavoie, lui-même dysphasique, a expliqué aux quelques dizaines de personnes réunies dans la salle multifonctionnelle du Pavillon des Premiers-Peuples de l'UQAT comment il a grandi avec ce trouble. «Assieds-toi surtout pas sur le diagnostic», a-t-il insisté à plusieurs reprises. Il a expliqué comment il a réussi à faire face à ce défi que lui a imposé la vie et qu'en persévérant, il est parvenu à construire celui qu'il est aujourd'hui. «Vous pouvez y arriver, mais ça va peut-être juste vous prendre un peu plus de temps et du support», a-t-il expliqué.

L'intérêt d'un réseau de support

La nouvelle association aurait une double tâche, soit celle d'organiser des événements et actions pour les personnes atteintes de dysphasie et également celle de faire connaître cette réalité à la population, puisqu'il s'agirait d'un sujet encore trop peu connu. «On fait des activités, on se renseigne et on est capable aussi de rencontrer des gens qui vivent un peu les mêmes choses aussi», résume M. Lavoie. Le réseau agirait en complémentarité avec les ressources déjà existantes.

Apprendre à vivre avec la dysphasie

Sébastien Lavoie soutient qu'il faut apprendre à vivre avec la dysphasie, mais qu'avec de la volonté et le support nécessaire, rien n'est impossible. «Je vous dirais n'importe quoi en ce moment si je n'étais pas bien préparé, puisque je chercherais mes idées. Je serais peut-être même en train de danser la polka», a-t-il lancé à la blague à l'auditoire.

Il en appelle également à la conscientisation sociale pour que les communautés puissent mieux comprendre ce que vivent les dysphasiques. «Si je pogne parfois les nerfs (en cherchant ses mots), faut comprendre que ça vient de mon trouble», explique-t-il.

Tournée régionale

M. Lavoie se déplacera aussi à Amos, La Sarre et Ville-Marie afin de confirmer l'intérêt de la population à ce qu'une telle association soit créée. L'initiative émane du CLSC qui a été approché par l'Association québécoise de la dysphasie. «Les détails ne sont pas encore connus puisqu'on va attendre d'avoir terminé la tournée, mais déjà, je peux vous dire que beaucoup de monde veut s'impliquer», conclut M. Lavoie.

Les citoyens sont invités à communiquer avec leur CLSC pour signifier leur intérêt à ce qu'une telle association soit créée.