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Matte et Corbeil, de retour de mission avec l'UMQ à Washington


Publié le 18 mai 2017

Les membres de la délégation de l'UMQ

©Photo gracieuseté - UMQ

Les maires de Senneterre et de Val-d'Or, respectivement Jean-Maurice Matte et Pierre Corbeil, ont participé à une mission de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) à Washington concernant le conflit du bois d'œuvre.

Les deux élus faisaient partie des membres du comité forêt de l'UMQ qui tentaient de sensibiliser des élus américains, groupes d'intérêts et fonctionnaires Canadiens sur les répercussions néfastes du conflit du bois d'œuvre au Québec.

Il faut qu'ils prennent conscience qu'on doit négocier plutôt que d'aller en litige

Pierre Corbeil

Ils étaient accompagnés d'Alexandre Cusson, premier vice-président de l'UMQ, de Déborah Bélanger, mairesse de Rivière-Rouge et de Gilles Potvin, maire de Saint-Félicien. De plus, l'ex-délégué général du Québec à New York, John Parisella, a apporté son soutien aux élus.

«C'est le monde municipal qui va écoper»

Rappelons que le conflit du bois d'œuvre dure par intermittence depuis plus de 30 ans. Les États-Unis soutiennent depuis de nombreuses années que l'industrie forestière est subventionnée et se disent victimes de concurrence déloyale, ce qui est encore aujourd'hui à la base du litige.

«Parce que la forêt est de propriété publique (à 90 %), ils disent que l'industrie est subventionnée, mais ils n'ont jamais été capables de prouver ça», avait expliqué en octobre dernier Carl Grenier, professeur à la faculté de sciences politiques de l'Université Laval et spécialiste du dossier du bois d'œuvre, lors d'une entrevue accordée à TC Média.

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, estime qu'il était important que des élus municipaux se rendent aux États-Unis pour échanger sur le conflit, même si les négociations se déroulent à un autre palier gouvernemental. «C'est le monde municipal qui va écoper quand il va y avoir des fermetures d'usines, souligne M. Corbeil. Cela va faire mal aux travailleurs, aux familles. Vous pouvez prendre des décisions qui sont au-dessus de nos têtes, mais c'est nous autres qui ramassons les pots cassés.»

Même son de cloche du côté du maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte. «C'était nécessaire que les municipalités du Québec se déplacent à Washington pour faire entendre leur point de vue puisqu'on représente les citoyens, les travailleurs», souligne-t-il.

Plusieurs rencontres

La délégation a rencontré des travailleurs de l'ambassade canadienne à Washington et du Bureau du Québec, ainsi qu'une demi-douzaine d'«élus-clés» du Sénat américain. Ils ont également rencontré des représentants de la U.S. Lumber Coalition et de la National Association of Home Builder.

«On est allé là pour leur dire que ce conflit va avoir des conséquences chez nous. Aussi, prendre acte que chez eux, ils ont des besoins en bois qu'ils ne sont pas capables de combler eux-mêmes», explique M. Corbeil.

Les rencontres ont été cordiales, selon M. Matte, même si la délégation a rencontré des membres de la U.S. Lumber Coalition qui militent en faveur de l'imposition de tarifs douaniers. «Ça prenait du front pour aller s'asseoir devant eux autres, mais on l'a fait et c'était des échanges très cordiaux.»

Les impacts du conflit pourraient aussi se faire sentir chez les Américains, notamment dans le marché immobilier, estiment les membres de la délégation. «Les entrepreneurs qui font des constructions de maisons neuves ou de la rénovation vont devoir hausser les prix de leurs produits parce qu'il y a une taxe à la frontière qui vient les impacter directement», précise M. Corbeil.

Favoriser la négociation

Les maires ont également une nouvelle fois tenté de démontrer que le régime forestier québécois prévoit un mécanisme d'encan, à l'image de ce qui se fait ailleurs aux États-Unis, souligne M. Corbeil. «On voulait aussi maintenir la pression sur le dossier parce que vous vous rendez bien compte du protectionnisme de la nouvelle administration américaine qui peut même toucher d'autres secteurs d'activités», souligne M. Corbeil.

Le gouvernement du Québec doit faire davantage d'éducation sur son régime forestier, soutient M. Matte. «Il est peut-être bien connu des gens autour de la table de négociations, mais pas au Sénat», constate-t-il.

Selon L'UMQ, cette mission a permis de convenir avec les homologues américains de la nécessité, «pour les deux pays, de parvenir à un nouvel accord négocié sur le bois d’œuvre résineux qui respecte les intérêts des communautés forestières des deux côtés de la frontière, plutôt que de laisser les tribunaux trancher», mentionne-t-on dans un communiqué.