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Un autre appel à l'action contre la judiciarisation de l'itinérance à Val-d'Or


Publié le 14 juin 2017

Mélissa Saganash, directrice des relations Cris-Québec pour le Grand Conseil des Cris

©Photo TC Média – Thomas Deshaies

Une intervention des autorités compétentes en lien avec le rapport concernant la judiciarisation de l'itinérance à Val-d'Or, publié en décembre dernier, a été une nouvelle fois demandé lors des audiences de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics. 

Alors que Édith Cloutier, directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, avait demandé au cours de la première semaine des audiences que les membres de la commission émettent des recommandations à ce sujet, avant même la fin de leurs travaux, c'était au tour de Mélissa Saganash, directrice des relations Cris-Québec pour le Grand Conseil des Cris, d'en faire mention lors de son témoignage mercredi.

«Le rapport demande (notamment) un moratoire sur l'emprisonnement pour non-paiement d'amendes à Val-d'Or», a rappelé Mme Saganash. Le travail des chercheuses derrière l'étude a aussi révélé un haut niveau de profilage.  «C'était une coïncidence que ça sorte en même temps que l'affaire de Val-d'Or», rappelle Mme Saganash.

Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, qui était présent à la fin de l'intervention du grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come, n'a pas voulu se prononcer sur cette demande, tout en rappelant que le pouvoir judiciaire était indépendant.

Piètre confiance envers la justice

Le Grand Chef Matthew Coon Come a ajouté sa voix à ceux qui ont insisté sur l'importance de ne pas occulter les événements de Val-d'Or dans le cadre des travaux de la commission. Selon lui, la confiance envers le système de justice a été fortement ébranlée lors de ces événements. «Plusieurs croient que le système de justice criminel a failli à sa tâche, a-t-il affirmé en commission. Des mécanismes adaptés doivent être mis en place de façon urgente.»

Mme Saganash affirme avoir vécu personnellement du racisme à Val-d'Or et soutient qu'il lui est arrivé plusieurs incidents, dont le refus de servir sa famille au restaurant. «J'étais à la plage (à 8 ans), une lifeguard (sauveteuse) est venue me voir et m'a dit: "tu sais qu'il y a une plage pour les Indiens?», a-t-elle rapporté.

Elle a toutefois insisté sur le fait que des initiatives visant le rapprochement étaient en cours. «Il y a des gens qui sont fantastiques (à Val-d'Or) et des ponts qui se bâtissent», s'est-elle réjouie.