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Commission Viens: la SQ modifie ses pratiques suite aux crises


Publié le 12 septembre 2017

Le responsable du Bureau des affaires autochtones de la Sûreté du Québec, Patrick Marchand, a témoigné devant la commission d'enquête, mardi à Val-d'Or.

©Photo TC Média – Thomas Deshaies

Le responsable du Bureau des affaires autochtones de la Sûreté du Québec, Patrick Marchand, a expliqué mardi devant la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics que la SQ avait modifié ses manières de faire suite aux crises qui ont impliqué des autochtones. 

«Après les événements survenus à Val-d'Or, il y a eu la création en 2016 du Bureau des affaires autochtones, a déclaré M. Marchand aux membres de la commission. À chaque événement où la confiance aurait pu être ébranlée, la SQ a pris les moyens pour agir.»

Les liens ont parfois été forts, et parfois un peu plus ardus

Patrick Marchand

Le capitaine de la SQ a également énuméré une série d'événements, dont «l'intervention musclée» de Restigouche et la crise d'Oka, qui ont eu comme conséquence de modifier les pratiques du corps de police depuis 1961, année où la SQ s'est implantée en milieu autochtone.

Le président de la commission, Jacques Viens, a une nouvelle fois rappelé qu'a ce stade, la commission se contentait de «mettre la table», et que les questions concernant notamment les événements de Val-d'Or seraient posées dans une étape ultérieure.

La présentation de M. Marchand s'est donc résumée aux différentes interventions de la SQ afin de favoriser des relations plus appropriées entre les membres de son service et les membres des Premiers Peuples.

Une formation offerte aux agents

Une formation de deux jours est offerte aux agents de la SQ, notamment pour celles et ceux qui sont appelés à travailler en milieu autochtone. «Il y a eu une première session de sensibilisation en milieu autochtone en 1983 (suite à la crise du saumon) et cela se poursuit encore, a expliqué M. Marchand. Cette année, on va donner neuf sessions.»

La Sûreté du Québec dessert 11 communautés autochtones au Québec, mais peut être appelée à prêter main-forte aux autres corps de police à l'échelle de la province, en cas de besoin.

Le commissaire Viens a demandé si une formation était offerte à l'école de police concernant les réalités autochtones. Selon M. Marchand, ce ne serait pas le cas. «Actuellement, l'École nationale de police est en processus d'évaluation. Je pense que le cours qui  est donné sert à les sensibiliser aux réalités culturelles d'ordre général», a-t-il déclaré.

Des agents de liaison

Le Bureau des affaires autochtones mise sur des agents de liaison autochtone afin de contribuer à favoriser des interventions plus adéquates. Au nombre de 10, les agents ont pour mission de contribuer à désamorcer des situations explosives, à sensibiliser leurs confrères sur les réalités autochtones et à démystifier le travail des policiers auprès des Autochtones.

Actuellement, il n'y a qu'un seul de ses agents qui est autochtone, et il quittera son poste. Questionné à propos de la pertinence d'avoir des agents qui s'expriment dans la langue de la communauté avec laquelle ils travaillent, M. Marchand a répondu que ce serait souhaitable. «Je pense que c'est l'un des facteurs souhaitables, au même titre que nous aimerions avoir une représentativité des membres des nations autochtones à l'intérieur de la SQ», a-t-il répondu.

Selon les chiffres fournis par le capitaine Marchand, la Sûreté du Québec compterait 7836 employés, dont une quarantaine qui affirment appartenir à l'une ou l'autre des 11 nations autochtones du Québec.

Définir les «événements de Val-d'Or»

Le procureur qui représente l'Association des policiers et policières du Québec, François-Michael Verret, a questionné M. Marchand sur la définition des «événements de Val-d'Or» retenue par la Sûreté du Québec, tel que mentionné lors de la présentation. «Du point de vue de la Sûreté du Québec, qu'est-ce qui constitue les événements de Val-d'Or? C'est quoi la définition des événements de Val-d'Or? Est-ce que c'est le reportage de Radio-Canada?», a-t-il demandé.

M. Marchand n'a pas répondu à la question, puisque le commissaire Viens a signifié qu'il était inapproprié à ce stade d'y répondre. «Ce n'est peut-être pas le meilleur moment, je pense qu'on va remettre cette question à plus tard», a tranché le juge Viens. 

Questionné en marge de la commission, Me Verret a expliqué que sa question ne signifiait pas qu'il s'interrogeait sur la pertinence de l'appellation «événements de Val-d'Or», étant donné qu'il n'y a pas eu d'accusations contre les policiers de Val-d'Or. «C'est plus à titre exploratoire», a-t-il déclaré aux journalistes.