Pikogan perpétue la pratique des activités traditionnelles

Martin Guindon martin.guindon@tc.tc
Publié le 16 septembre 2015

La chasse au gros gibier à l'automne fait partie des activités traditionnelles des Algonquins de Pikogan.

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Plusieurs membres de la communauté de Pikogan profitent de la semaine culturelle, du 14 au 18 septembre, pour pratiquer leurs activités traditionnelles sur le territoire d'Abitibiwinni.

«Ça fait déjà plusieurs années que le Conseil (de la Première Nation Abitibiwinni) a regroupé trois jours fériés à l'automne pour permettre la pratique de nos activités traditionnelles. À la demande des employés et de la population, c'est passé à cinq jours avec l'ajout de deux journées par le Conseil. C'est écrit dans la politique des ressources humaines de la communauté», fait valoir Malik Kistabish, directeur du Centre de santé de Pikogan.

Pendant la semaine, on peut chasser, trapper, pêcher et cueillir des petits fruits pour subvenir à nos besoins. Ça nous permet de transmettre la culture Malik Kistabish

Les employés de tous les secteurs du Conseil ont donc congé durant toute la semaine. Seuls les services essentiels sont assurés dans la communauté.

«Même l'école Migwan ferme durant cette semaine depuis deux ans, précise Malik Kistabish. De toute façon, il restait bien peu d'élèves pendant la semaine. L'école commence dix jours plus tôt pour s'assurer que les élèves auront leurs 180 jours de classe. Les écoles secondaires à Amos se sont aussi adaptées.»

Le gros gibier

Lors de cette semaine culturelle d'automne, les membres de la communauté en profitent surtout pour chasser le gros gibier. Les plus jeunes apprennent à vivre dans le bois selon le mode traditionnel algonquin. Ils apprennent aussi à chasser et à arranger l'orignal.

«C'est une belle occasion pour se ressourcer, généralement en famille. Chaque famille a son territoire dans la réserve à castors au nord du 49e parallèle. Pendant la semaine, on peut chasser, trapper, pêcher et cueillir des petits fruits pour subvenir à nos besoins. Ça nous permet de transmettre la culture de génération en génération. C'est quelque chose de plus en plus difficile à faire, mais les jeunes le demandent», souligne Malik Kistabish.

Le Conseil prévoit aussi chaque année une semaine culturelle semblable au printemps, selon la même formule, cette fois-ci pour la chasse à l'oie et au petit gibier.

Un programme du Centre de santé

Dans la foulée des semaines culturelles, le Centre de santé de Pikogan organise des sessions de sorties en forêt pour les jeunes adultes. «Deux chasseurs font deux sorties de quatre jours avec quatre jeunes. Ils vont à l'orignal l'automne et à l'outarde au printemps. S'ils tuent, ils partagent la viande entre eux, comme le veulent nos traditions. Ça s'adresse aux jeunes de 16 à 22 ans qui n'ont pas la chance de vivre cette expérience autrement. Ça s'inscrit dans nos programmes pour les saines habitudes de vie et la prévention», précise le directeur Malik Kistabish.