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Val-d'Or se recueille en hommage aux femmes disparues

Publié le 6 octobre 2017

Les gens étaient rassemblés dans le parc Albert-Dumais, grâce à un partenariat avec la Ville de Val-d’Or.

©Gracieuseté - Paul Brindamour

(Éric-Luc Petit) - La 4ième vigile annuelle des Sœurs par l’esprit, en hommage aux filles et femmes autochtones disparues ou assassinées, a regroupé quelque 150 participants, le mercredi 4 octobre, au Parc Albert-Dumais de Val-d'Or.

Les danseuses de clochettes ont dansé pour la guérison.
Gracieuseté - Paul Brindamour

Cet événement national, organisé localement par le Centre d’amitié autochtone, se voulait empreint de solidarité et de compassion envers les proches et en l’honneur de l’esprit des disparues.

De tous horizons, Autochtones, Allochtones, jeunes et moins jeunes auront ainsi vécu cette soirée riche en émotions, aux dires de Sandy McGuire, directrice générale adjointe au Centre d’amitié autochtone. «Ce fut une vigile aux chandelles portée et enveloppée par le réconfort, le respect, l’amour et l’espoir en un monde plus uni», explique-t-elle.   

De la prière d’ouverture, une célébration à la vie et à l’espoir, jusqu’à la performance de Mélisa Pash, auteure-compositeur-interprète, les spectateurs auront pu apprécier les prestations de trois jeunes artistes du Lac Simon aux tambours traditionnels, la poésie de Virginia Pésémapéo-Bordeleau ainsi que la danse des clochettes (danse pour la guérison) présentée par la troupe de Pikogan.

À noter la présence sur place de la famille de Sindy Ruperthouse, disparue au printemps 2014, et de cinq représentants de la police communautaire.

«Nous sommes très fiers d’avoir participé à cette activité, qui rencontre la philosophie de notre organisation de rapprochement avec la population», a souligné Marie-Josée Ouellet, porte-parole de la SQ.

Solidarité et ouverture

Présent pour l'occasion, le maire Pierre Corbeil a salué cette initiative du Centre d’amitié autochtone en partenariat avec la Ville de Val-d’Or. Il souligne aussi que sa présence allait de soi. «Il importe de témoigner de nos valeurs de solidarité, d’entraide et d’ouverture. Notre collaboration se veut en effet le reflet de notre engagement au rapprochement et à la réconciliation, tel qu’édicté depuis 2015. Nous manifestons ainsi notre intérêt pour la cause, notre sensibilité et notre empathie face à une situation déplorable», a-t-il confié.

Trois fois plus à risque

Selon les données disponibles, les femmes autochtones sont trois fois plus à risque de violence que les autres canadiennes et surreprésentées parmi les femmes disparues et assassinées au pays. En 2014, on apprend que leur nombre (1186 en 30 ans) dépasse les estimations précédentes, qui avoisinaient plutôt les 600.

Depuis 2006, les vigiles en mémoire des filles et femmes autochtones disparues ou assassinées se déroulent annuellement le 4 octobre. D’ailleurs, le nombre de veilles est passé de 11 en 2006 à plus de 216 en 2014.