Arrimer la recherche universitaire aux besoins des Premiers Peuples

Un forum au Pavillon des Premiers-Peuples de l'UQAT


Publié le 7 mars 2017

Louis Fortier, directeur de la science et de l'innovation à l'Institut nordique du Québec (INQ).

©Photo TC Média – Thomas Deshaies

L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue est l'hôte du Forum sur les besoins de recherche des Premiers Peuples mardi et mercredi à Val-d'Or. L'objectif est de favoriser les échanges entre la quarantaine de chercheurs et la trentaine de représentants des Premiers Peuples présents.

«On ne veut pas faire de la recherche sur les autochtones, mais avec les autochtones», a expliqué d'entrée de jeu le chercheur Thierry Rodon, directeur du Centre interuniversitaire d’études et de recherche autochtone (CIÉRA) de l'Université Laval.  Il soutient qu'il est important de déterminer les besoins des communautés, afin d'établir un agenda de recherche commun et cohérent. «Il faut ensuite utiliser les résultats pour créer du changement dans les gouvernements ou les communautés», soutient M. Rodon.

Pour Louis Fortier, directeur de la science et de l'innovation de l'Institut nordique du Québec (INQ), ce type de journée de réflexion est essentiel pour assurer la pertinence des futures publications universitaires. «C'est la meilleure façon de réussir à avoir un impact réel grâce à la recherche, soutient-il. Ils (représentants des Premiers Peuples) peuvent avoir une vision différente, ou complètement différente de la nôtre (communauté universitaire) concernant des grands enjeux.»

Unir les centres de recherche

Le forum est organisé par l'Institut nordique du Québec, conjointement avec l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. L'INQ a été créé en 2014 et a notamment pour objectif de fédérer les centres de recherches qui abordent les enjeux autochtones du Nord et de favoriser la collaboration.

L'INQ se concentre plus précisément sur les besoins de quatre Premiers Peuples: Inuit, Innue, Naskapi et Cri. «Le thème central, c'est le développement durable du Nord, souligne M. Fortier. Donc, comment favoriser un développement durable, qui n'hypothèque pas le développement pour les générations futures.»

Nécessité de la recherche-action

Selon M. Rodon, le développement est un enjeu complexe. Il avait par le passé critiqué le Plan Nord, puisqu'il ne répondait pas habilement, à son avis, aux impératifs du développement durable. «Je suis assez critique du Plan Nord qui perçoit le développement durable comme une protection de  50 % du territoire, déplore-t-il. Il me semble que c'est assez simpliste.» 

Le modèle de développement en vigueur dans le sud de la province n'est parfois pas adéquat pour le Nord, croit le professeur Rodon. «D'où l'importance qu'elles (communautés autochtones) créent leur propre modèle de développement et qu'elles prennent le contrôle», insiste-t-il.

Plusieurs thèmes seront abordés durant le Forum. «On tente de couvrir tous les aspects: sociétés et cultures, santé, développement industriel et énergétique», résume M. Rodon.