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Rouler 4000 km à travers le désert et les montagnes

Les «Golden Girls» se lancent dans les Roses des Andes


Publié le 19 juillet 2017

Céline Sperandio et Fanny Tortiget se préparent fébrilement pour la grande aventure du Trophée Roses des Andes, un rallye qui se déroule en Argentine.

©Photo Jarmila Guivarch – Photographe

De toute évidence, il n’y a pas grand-chose qui fait peur à Céline Sperandio et Fanny Tortiget, deux Abitibiennes d’adoption.

Originaires de France et résidentes de Val-d’Or pour le travail depuis six et neuf ans respectivement, Céline et Fanny se préparent avec fébrilité à prendre part à la 5e édition du Trophée Roses des Andes, un rallye international féminin en pick-up qui se déroulera en Argentine, en avril prochain.

Pas moins de 4000 km en une semaine les attendent dans la mythique chaîne de montagnes de la Cordillère des Andes et dans le désert d’Atacama (au Chili). Beaucoup de «plaisir» en perspective pour cette équipe baptisée les Golden Girls, nom inspiré de leur profession de géologues à la recherche d’or.

«Ce seront de grosses journées, nous allons rouler de 10 à 12 heures par jour. Ça se déroule dans la province de Salta, dans le nord de l’Argentine, indique Fanny, la navigatrice du tandem. Nous avons récemment suivi une formation dans les Laurentides, avec de l’entraînement dans un pit de sable», signale-t-elle.

«On n’a pas trop peur, reprend Céline, la pilote. Ayant travaillé en prospection à la Baie-James, nous savons un peu c’est quoi, partir à la boussole dans les grands espaces. À la base, on aime l’aventure et être sur le terrain. Nous sommes des filles actives, sportives et débrouillardes», affirme-t-elle.

«Tester nos limites»

Débrouillardes, les filles devront l’être à souhait une fois dans le véhicule là-bas, puisqu’il leur faudra s’occuper de la mécanique en cas de bris, se déprendre elles-mêmes au besoin et s’orienter à la boussole. «Mon chum va me donner un cours de mécanique!, lance Fanny Tortiget en rigolant. Plus sérieusement, on aura une formation là-dessus par l’organisation.»

Comme pour le Trophée Roses des Sables au Maroc, l’objectif au Trophée Roses des Andes est de compléter les étapes dans le moins de kilomètres possible et non le plus vite possible. «Ce sera l’occasion de tester nos limites, souligne Céline Sperandio. Nos conjoints sont contents et fiers de nous. Ils nous ont dit d’y aller à fond. On les a d’ailleurs embarqués dans notre recherche de commandites!», ajoute-t-elle.

Se décrivant comme «des Abitibiennes à fort accent européen», Céline et Fanny se sont connues ici pour vite devenir de bonnes amies. Elles ont hâte de voir à quel point leurs caractères seront compatibles dans l’adversité lors du rallye. «Nous sommes deux caractères forts; on s’est pratiqué à s’engueuler!», racontent-elles en riant.

Aide humanitaire

Au moment d’écrire ces lignes, les Golden Girls, formant l’équipage #79, étaient l’une des 25 équipes du Québec inscrites au 5e Trophée Roses des Andes (sur 75 au total), dont la seule de l’Abitibi. Elles étaient rendues à 12 500 $ d’amassés en commandites sur 28 000 à 30 000 $ à dénicher pour défrayer les coûts d’inscription et les autres frais de participation.

«L’argent doit servir, pour le Québec, à aider le Club des petits déjeuners, et pour l’Argentine, à venir en aide à des enfants handicapés, indique Fanny Tortiget. À Salta, 13% des enfants naissent avec un handicap, à cause de la consanguinité. Et là-bas, les enfants handicapés ne peuvent pas aller à l’école», précise-t-elle.

Les Golden Girls sont jusqu’à présent appuyées par deux commanditaires majeurs (Osisko Mining et Forage Nordik), en plus d’une photographe (Jarmila Guivarch). «Si nous avons des surplus, on va remettre l’argent à des associations locales», assurent-elles.