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Lutte à l'homophobie: les Autochtones expriment leurs besoins


Publié le 8 septembre 2017

Une vingtaine de personnes ont pris part aux journées de réflexion.

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Réunis à Pikogan pour des journées de réflexion les 6 et 7 septembre, intervenants et membres des communautés Anicinape de la région ont pu exprimer leurs besoins en lien avec l'inclusion des personnes LGBT/bispirituelles.

Ces journées de réflexion étaient organisées par la Coalition d'aide à la diversité sexuelle de l'Abitibi-Témiscamingue, en collaboration avec le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni. Elles s'inscrivent dans le projet J'ai le droit d'aimer qui je veux! mis de l'avant par la Coalition avec le financement du bureau de la lutte à l'homophobie du ministère de la Justice.

«On veut prendre le pouls des communautés autochtones sur notre territoire. On veut connaître leurs besoins, les difficultés qu'elles rencontrent. On veut que les personnes LGBT se sentent les bienvenues et en sécurité, afin de ne pas avoir envie de quitter leurs communautés, précise Cathy Gélinas, présidente de la Coalition.

«Les participants ont donc soulevé le besoin d'avoir des formateurs outillés, poursuit-elle. Il faut des modèles positifs, mais aussi des alliés dans les communautés, sans que ce soit nécessairement des personnes LGBT.»

Une vingtaine de personnes ont pris part aux journées de réflexion.
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Une alliée de taille

Une vingtaine de personnes ont pris part aux journées de réflexion, des intervenants provenant de quatre communautés algonquines: Kebaowek (anciennement Eagle Village), Pikogan, Lac-Simon et Kitcisakik. «Nous misons d'abord sur ces communautés, mais les autres pourront profiter des outils que nous allons développer», fait valoir Cathy Gélinas.

La Coalition peut aussi compter sur une alliée de taille. «Nous avions la chance d'avoir avec nous Verna Polson, la grande chef du Conseil tribal de la nation algonquine. Elle est devenue une alliée importante. Elle nous a dit que les communautés avaient un rôle à jouer dans la lutte à l'homophobie et qu'elle était prête à le jouer. Il s'est vraiment passé quelque chose de grand. Nous n'étions pas tant connus des communautés autochtones et on voulait établir un lien de confiance. On croit avoir atteint cet objectif», affirme-t-elle.

Plan d'action à déployer

La première journée a été consacrée aux échanges et aux témoignages, dont celui d'un homme vivant à Lac-Simon avec son conjoint, ainsi qu'à une conférence de l'anthropologue Marie-Pierre Bousquet. Le lendemain, les participants ont jeté les bases d'un plan dont les actions seront déployées au cours des prochains mois.

Marie-Pierre Bousquet, anthropologue et directrice du programme en études autochtones de l’Université de Montréal, a prononcé une conférence, le 6 septembre.
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«On en est encore aux débuts de la lutte à l'homophobie. C'est encore un sujet tabou dans certaines communautés. Il n'y a pas encore beaucoup de gens qui s'affichent. Ils ont peur. Ils ont besoin de support, de formation et d'outils. C'est là-dessus qu'on travaille avec ce projet, qui pourrait avoir une phase 2 en 2018. On a aussi déjà été approchés par le Centre de santé et de services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador. Le projet pourrait servir de modèle à la grandeur du Québec», croit Cathy Gélinas, qui entend soumettre la candidature de ce projet novateur et unique pour le Prix Droits et Libertés 2017 sous le thème des droits des peuples autochtones.