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«Christiane portait l'esprit de l'Arche»

L'Arche pleure le décès de l'une de ses fondatrices


Publié le 11 août 2017

Christiane Ménard portait les personnes vivant avec une déficience intellectuelle très près de son coeur.

©gracieuseté

Le départ aussi soudain qu'inattendu de Christiane Ménard, le 4 août, a secoué la communauté de l'Arche tant en Abitibi-Témiscamingue qu'au Québec, voire même à l'extérieur du pays.

Âgée de seulement 62 ans, elle a succombé aux complications survenues lors d'une intervention chirurgicale au CHUM Hôpital St-Luc de Montréal. Elle est exposée au salon funéraire Blais d'Amos. Ses funérailles seront célébrées à la cathédrale d'Amos samedi, à 10h30.

Christiane Ménard est tombée en amour avec les personnes vivant avec une déficience intellectuelle en 1974. Dix ans plus tard, elle a participé à la fondation de l'Arche à Amos, au sein de laquelle 17 personnes ayant une déficience accueillent et partagent leur quotidien avec des assistants qui proviennent des quatre coins du monde. Elle en a été la responsable pendant 12 ans, quittant son emploi à Clair Foyer, puis a été vice-responsable des Arches du Québec pendant trois ans.

«Je continue de croire que plus ils pourront montrer leurs dons et la bonté qu'ils ont, plus ils auront la chance de nous montrer le chemin de la paix, qui n'est pas axé sur la performance et la rapidité, mais bien sur une joie de vivre», nous avait-elle confié lors d'une entrevue réalisée en 2002.

Christiane Ménard

Sans compromis

«Christiane portait l'esprit de l'Arche, le sens de la vie communautaire. Elle en témoignait dans son quotidien. Ce n'est pas un qui va aider l'autre, mais bien les deux qui s'aident. Elle avait la foi dans ces personnes, dans leurs capacités, dans ce don… elle se nourrissait beaucoup de ça. Et c'était sans compromis. Pour elle, les personnes étaient au centre de la mission, des décisions et des préoccupations de l'Arche», relate Dominique Dalibert, qui a répondu avec sa conjointe Michèle Loranger à l'invitation de Christiane Ménard de venir s'établir à Amos, en 1996.

«Elle a quitté pour une sabbatique, puis elle est revenue petit à petit comme amie de la communauté. Elle s'impliquait toujours, dans la mesure du possible, elle qui œuvrait aussi à mi-temps auprès des sœurs des Saints-Cœurs de Jésus et de Marie à Joliette, la communauté de sœur Agathe Dupuis, un autre fondatrice de l'Arche à Amos», précise Mme Loranger.

Rassembleuse

Tous deux soulignent ses qualités de rassembleuse. «C'était une bonne vivante avec un bon sens de l'humour. Elle aimait réunir les gens autour de la table. Le nombre de repas qu'elle a dû préparer…», souligne Michèle Loranger.

«Ce qui est particulièrement touchant, c'est qu'elle ne jouait plus de rôle particulier au sein de l'Arche. Ce qui nous manque déjà, c'est sa personne. C'est sa personnalité. Elle était profondément humaine», renchérit Dominique Dalibert.

Christiane Ménard laisse dans le deuil ses enfants Alexandre et Émilie, ses petites-filles Sara, Sidney et Noémie, ses frères et sœurs et de nombreux amis. Les marques de sympathies peuvent se traduire par un don à l'Arche de l'Abitibi-Témiscamingue.