Technicien minier le jour, photographe le soir

Martin Guindon martin.guindon@tc.tc
Publié le 3 septembre 2015

Technicien minier de jour, David Kirouac troque son chapeau dur pour un appareil photo le soir et les fins de semaine comme photographe professionnel d'événements.

L'Amossois d'origine s'est d'abord intéressé à la photographie dans ses cours d'arts plastiques en 4e secondaire à La Forêt. Mais ce n'est que beaucoup plus tard qu'il s'est adonné à sa passion au point d'en faire un hobby, puis son deuxième métier.

«Je travaillais à Kidd Creek, à Timmins, quand je me suis acheté une première caméra réflex en 2004 pour mon simple plaisir. J'ai fréquenté des forums spécialisés sur Internet et j'ai appris les techniques de base. J'ai aussi lu des livres et j'ai fait beaucoup d'essai-erreur», se souvient celui qui estime être continuellement en apprentissage.

Un photographe en vacances

En vacances à Montréal, il a pris des photos aux Francofolies comme simple spectateur. Puis, il en a fait un autre à Rouyn-Noranda. Il s'est éventuellement acheté un premier appareil numérique.

«J'ai approché les Vulgaires Machins qui venaient jouer à l'UQAT afin de pouvoir faire des photos de leur show. Ils ont accepté. Mais en Abitibi et à Timmins, il n'y avait pas beaucoup de spectacles à l'époque. Le FME commençait à peine. Alors, j'ai commencé à synchroniser mes vacances à Montréal avec des festivals. J'ai fait ça pendant deux ou trois ans avant de déménager à Montréal en 2008», raconte-t-il.

Surtout le web

Ce sont ses photos d'un concert d'Alfa Rococo qui ont soulevé l'intérêt d'un premier site internet, qui voulait les diffuser. Il a collaboré avec ce site par la suite, puis il a été responsable d'un autre site avant de lancer lui-même un site avec un ami. Une aventure qui aura duré deux ou trois ans.

Depuis, il s'est associé à Bell Média qui lui ouvre beaucoup de portes. Il se spécialise dans la couverture d'événements sportifs (Impact, Alouettes, tennis professionnel, mondial junior de hockey) pour TSN 690, de spectacles/festivals (Osheaga, Heavy Montréal, Jazz, Francofolies), galas et tapis rouge pour Envedette.ca et Huffington Post Québec ainsi que des événements de mode pour des sites tels Surmon36.ca et alimente des agences européennes.

La une du Newsweek

«Mes photos sont surtout diffusées sur le web, mais parfois elles se rendent au papier. Des photos de la Semaine de la mode à New York se sont retrouvées dans des journaux en Irlande. J'ai fait la une du Newsweek en Pologne avec une photo d'Agnieszka Radwanska quand elle a battu Venus Williams à la Coupe Rogers l'an dernier», souligne-t-il fièrement.

D'ailleurs, le tennis féminin est son sport de prédilection. «Le tennis masculin est plus une affaire de puissance. Il y a plus de variété dans le tennis féminin et les joueuses sont beaucoup plus expressives. Tout est une question de timing, et d'avoir les bons équipements», analyse celui qui aimerait couvrir le Canadien de Montréal, dont l'accès est restreint.

Étudier sa proie

Il est préférable de bien connaître le sport qu'on couvre pour anticiper. Pour le spectacle, il lui faut aussi souvent se préparer.

«J'appelle ça étudier sa proie. Je regarde des photos ou des vidéos d'un concert précédent afin de bien me positionner. Le défi est plus grand pour les spectacles, où on nous autorise souvent à ne prendre des photos que pendant les 2 ou 3 premières chansons», confie celui qui peut être appelé à couvrir entre 5 et 10 concerts par mois.

Une autre vision des mines

En plus de travailler à la pige, le photographe David Kirouac élabore aussi ses propres projets de photoreportage. Il en prépare actuellement un sur les mines pour lequel il viendra faire des photos dans la région en novembre. «Mon but, c'est de présenter une autre vision, une vision plus positive de cette industrie», souligne le technicien minier de métier.

Les droits d'utilisation

Sur la question des artistes qui interdisent aux photographes ou médias de réutiliser leurs photos d'un concert, comme le cas de Taylor Swift qui a été largement médiatisé, David Kirouac n'en fait pas trop de cas. «C'est assez largement répandu. C'est sûr que c'est agaçant de ne pas pouvoir réutiliser des photos d'un concert pour les mettre sur son site internet, mais on fait avec. L'un des pires groupes avec lesquels j'ai fait affaire à ce niveau, c'est Kiss», confie-t-il.

Le métal et la pop

Quand on lui demande quel type de concert il préfère photographier, David Kirouac répond ceux de métal et de pop.

«Kiss est le meilleur groupe à faire en spectacle. Ils ont vraiment le sens du show. Paul Stanley te pointe pour te dire qu'il s'en vient et tu es assuré d'avoir une bonne pose. Le métal est visuellement toujours le fun. C'est aussi le cas avec beaucoup d'artistes pop, avec des décors et des chorégraphies», souligne-t-il.

Pour suivre son travail

Site web: www.davidkirouac.ca

Facebook: www.facebook.com/davidkirouac.photo

Instagram: @dkfoto

Twitter: @davidkirouac