Les éléments se déchaînent au Centre d'exposition d'Amos

Martin Guindon martin.guindon@tc.tc
Publié le 12 novembre 2016

La neige comme source d'innovation, avec notamment l'invention de l'autoneige par Bombardier.

©TC Média - Martin Guindon

Les éléments se déchaînent au Centre d'exposition d'Amos, qui présente jusqu'en janvier trois expositions portant sur la neige, la pluie et les feux de forêt.

La grande salle propose Neige jusqu'au 8 janvier. Cette exposition itinérante à caractère ethnohistorique du Musée canadien de l'Histoire présente les différentes relations que les Canadiens entretiennent avec la neige.

Les visiteurs découvrent d'abord ce rapport à partir de plus de 400 photographies rassemblées grâce à la participation des nombreux Canadiens ayant répondu à l'invitation du Musée. Puis, on y découvre la neige sous quatre grands thèmes: Adaptation, Innovation, Passion et Inspiration.

L'adaptation fait allusion à comment les Canadiens ont dû s'adapter à sa présence pour survivre. L'innovation du peuple canadien pour sortir l'isolement que pouvait créer les chutes de neige, dont notamment l'invention de l'autoneige (le Musée J. Armand Bombardier collabore par ailleurs à l'exposition).

De l'eau s'égoutte dans sept structures aménagées avec chacune sept verres de styromousse de différentes tailles, disposés de sept manières différentes.
TC Média - Martin Guindon

La passion se traduit quant à elle par les sports d'hiver, allant du hockey au ski alpin, en passant par la glissade et les raquettes. Enfin, la neige est aussi source d'inspiration pour de nombreux poètes, dont Émile Nelligan («Ah! comme la neige a neigé!», écrit-il dans Soir d'hiver) et autres artistes.

Construire la pluie

Dans la 2e salle, l'artiste pluridisciplinaire Camille Bernard-Gravel propose une installation lui permettant de reproduire le plus fidèlement possible le son de la pluie. Dans Construire la pluie, de l'eau s'égoutte dans sept structures aménagées avec chacune sept verres de styromousse de différentes tailles, disposés de sept manières différentes. Dans une boîte insonorisée, un sac de plastique est froissé continuellement pour reproduire un son qui se rapproche du «bruit blanc», qui peut rappeler le son d'une chute, selon l'artiste qui présenté cette exposition à Val-d'Or en mars.

Des micros judicieusement disposés dans chacune des installations permettent de capter les sons et de les amalgamer avec d'autres sons produits avec l'aide d'un logiciel. Le visiteur peut alors découvrir le fruit de ce savant mélange avec l'aide d'une paire d'écouteurs.

Des dessins au fusain transpercés de centaines de petites brûlures ajourant le papier et rétroéclairés avec des couleurs orangées recréent un feu de forêt de façon assez vivide.
TC Média - Martin Guindon

«Ce projet transporte le participant vers sa propre expérience de la pluie, le plaçant entre le souvenir qu'il en a et l'interprétation que j'en ai faite. Tous ont déjà expérimenté ce phénomène naturel très commun, mais chacun porte en sa mémoire, en son vécu, des sensations et des souvenirs divergents associés à la pluie», écrit l'artiste de Québec.

La Forêt noire

Dans la 3e salle, Chantal Harvey questionne l'intervention tardive du gouvernement en 2013 lors de l'incendie forestier de Baie-Johan-Beetz, près de Havre St-Pierre, où elle habite. L'installation Forêt noire regroupe une douzaine d'estampes sur des formats géants, une photographie et des dessins au fusain. Ces derniers sont transpercés de centaines de petites brûlures ajourant le papier et sont rétroéclairés avec des couleurs orangées qui recréent un feu de forêt de façon assez vivide.

Avec cette exposition, elle rappelle que les forêts ne sont pas protégées au nord du 51e parallèle parce qu'elles n'ont pas une valeur commerciale. Elle dénonce donc la destruction de cette forêt autrefois giboyeuse par la négligence et par des décisions politiques déconnectées de ce territoire.