Le barricadé de Guyenne en prend pour six mois


Publié le 15 mars 2017

Alain Gauthier avait tenu les policiers en haleine pendant plus de 19 heures, les 3 et 4 février, à Guyenne.

©TC Média - Guy Lacroix

Alain Gauthier, qui a tenu les policiers en haleine pendant 19 heures dans sa résidence de Guyenne il y a quelques semaines à peine, a été condamné à six mois de prison.

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L'individu de 48 ans a plaidé coupable le 13 mars aux accusations qui pesaient contre lui dans deux dossiers différents, dont celui en lien avec l'émoi qu'il avait causé les 3 et 4 février.

D'abord, il a reconnu les faits survenus le 22 juin 2015, où il était accusé de voies de fait et de méfait pour s'en être pris physiquement à un inspecteur municipal et endommagé la portière de son véhicule. 

J'espère que vous réalisez ce que vous avez déclenché ce jour-là. Vous avez mis votre vie et celle de ces policiers en danger - Juge Marc Ouimette

Selon les faits racontés par Me Audrey-Anne Veillette-Dion, du ministère public, il aurait agrippé par le bras l'inspecteur à travers la vitre ouverte de son véhicule. Il l'aurait frappé ou lui aurait secoué la tête, les versions diffèrent, puis aurait donné un coup de pied dans sa portière.

Mandat d'arrestation

C'est d'ailleurs en lien avec cette affaire que deux policiers se sont rendus chez lui, le 3 février. Ils allaient exécuter un mandat d'arrestation, puisque Gauthier avait ignoré ses convocations du tribunal. Ils ont d'abord rencontré une dame, qui leur a dit qu'il était absent. Après avoir effectué des vérifications, ils sont retournés et sont entrés cette fois-ci dans la maison où ils ont retrouvé l'individu assis dans son salon. Il refusait de suivre les policiers, selon le récit de Me Veillette-Dion.

En allant à sa rencontre, ceux-ci ont vu qu'il tenait une carabine. Ils ont quitté rapidement les lieux, l'un d'eux échappant même son poivre de Cayenne dans la maison. Il les a suivis à l'extérieur, puis s'est arrêté dans la porte, gardant une main à l'intérieur. Il a réitéré qu'il refusait de les suivre, qu'il ne voulait pas passer la fin de semaine en prison.

La situation dégénère

C'est là que la situation s'est envenimée. L'individu s'est enfermé dans sa maison avec deux autres personnes, qui sont restées de leur plein gré, et son arme à feu. L'escouade tactique d'intervention a même été dépêchée sur les lieux. Après un siège de 19 heures, l'homme s'est rendu calmement aux policiers le 4 février. Quatre résidences voisines ont dû être évacuées par mesure de précaution.

Lors de son interrogatoire des policiers, Alain Gauthier a indiqué qu'il avait uniquement sorti son arme à feu pour faire fuir les policiers et qu'il n'avait aucunement l'intention de s'en servir. Son avocate, Me Andréanne Laberge, a reconnu que la réaction de son client avait été démesurée dans les circonstances et qu'il regrettait ses gestes. «J'ai toujours eu de bons rapports avec les policiers», a-t-il personnellement assuré, plaidant une écoeurantite aiguë du système.

Suggestion commune

Alain Gauthier a plaidé coupable à des accusations de possession d'une arme dans un dessein dangereux, d'avoir entravé volontairement les policiers et d'avoir privé de leurs résidences ses quatre voisins évacués.

Le tribunal s'est rangé à la suggestion commune des deux parties et a condamné Alain Gauthier à 187 jours de détention, soit un peu plus de six mois, auxquels il a déduit les 37 jours de détention préventive. Il lui sera interdit de posséder des armes à feu pendant 10 ans, fera l'objet d'une probation de 12 mois et devra suivre une thérapie pour la résolution de problème.