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Pratiques illégales dans les thermopompes: des Abitibiens parmi les victimes


Publié le 12 mai 2017

Appareil défectueux, installation déficiente, contrat modifié, les griefs émis par Sylvie et son conjoint à l’égard de Confort Illimité sont nombreux. Les recours qu’ils ont, eux, demeurent par contre très restreints.

©Depositphotos.com/Spatesphoto

«Je suis tombée dans le panneau et ça me coûte très cher. Et là, je n’ai pas tellement d’autres recours que de payer encore.»

Les soupçons de pratiques illégales qui pèsent contre trois entreprises québécoises œuvrant dans la vente et l’installation de thermopompes et de climatiseurs n’a pas épargné l’Abitibi-Témiscamingue. C’est le cas de Sylvie (nom fictif), une propriétaire de Val-d’Or, qui a fait affaire, à l’automne 2016, avec Confort Illimité (9265-9507 Québec Inc.), une entreprise dont le siège social est localisé à Montréal-Nord.

Contrat modifié, équipement défectueux

«Ça s’est fait très rapidement, a-t-elle relaté. Quand le vendeur est venu me voir, il m’a proposée un financement à un taux d’intérêt de 8 % sur 10 ans. Quand il est revenu pour nous faire signer le contrat, c’est mon conjoint qui a répondu en mon absence. Le taux était rendu à 12 %. Comme il n’était pas au courant des discussions que j’avais eues avec le vendeur, il a signé.»

Pour une facture de 8042 $, le couple devra donc payer des intérêts d’environ 970 $ au lieu de quelque 645 $. «Déjà ça, c’est frustrant. Mais en plus, la thermopompe que Confort Illimité a installé chez nous ne fonctionne plus depuis décembre, et ce, même si on nous a garanti que le modèle était bien adapté à l’hiver abitibien», a mentionné Sylvie.

Une expertise indépendante a révélé qu’en plus du thermostat d’origine, Confort Illimité aurait installé sur la thermopompe un thermostat de son cru. «Le problème, c’est qu’il n’arrête jamais, a précisé la Valdorienne. Au lieu d’économiser, on se retrouve donc à payer beaucoup plus parce que la machine fonctionne tout le temps. En plus, elle n’a pas été posée au niveau. Il y a des pertes d’huile et de la glace se forme lorsqu’il fait trop froid.»

Peu de soutien

Le couple a tenté à plusieurs reprises de contacter Confort Illimité pour faire réparer sa thermopompe ou obtenir un remboursement, mais sans succès. Même les trois mises en demeure consécutives qu’il lui a servies n’ont pas donné lieu à un accusé de réception.

«Quand nous avons vu passer dans le journal l’article sur l’enquête effectuée par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), nous avons téléphoné pour rapporter notre cas. On s’est plutôt fait claquer la porte au nez. Au départ, la personne qui nous a répondu ne semblait avoir aucune idée de quoi on parlait. Ensuite, on s’est fait dire que la Régie ne pouvait pas faire grand-chose pour nous puisque Confort Illimité n’avait plus de licence valide. C’était vraiment décourageant», a soupiré Sylvie.

Nous avons tenté de joindre la RBQ à quelques reprises pour obtenir des précisions. Au moment de mettre sous presse, elle n’avait pas retourné nos appels.

Aux petites créances

Sylvie et son conjoint se sont donc tournés vers l’Office de la protection du consommateur (OPC) pour déposer une plainte. Avec l’aide de l’organisme, le couple a aussi porté sa cause devant la Division des petites créances de la Cour du Québec à Val-d’Or. Un dossier pour vice caché a ainsi été déposé le 10 avril.

«Lorsque nous avons vérifié auprès de l’OPC, nous avons découvert que 14 mises en demeure avaient été servies à Confort Illimité depuis mai 2016. Pratiques déloyales ou douteuses, mauvaise qualité d’un bien ou d’un service, modification ou interprétation d’un contrat, qualité du service à la clientèle, tout y est», a indiqué Sylvie.

Le couple espérait obtenir remboursement des montants qu'il avait dépensés. Or, le 11 mai, on lui a répondu au Palais de justice qu'il ne pourrait réclamer aucune somme, étant donné que l'entreprise n'était plus en affaires. «C'est vraiment décourageant, a lancé Sylvie. Je vais par contre continuer de foncer pour obtenir l'annulation du contrat et faire cesser les paiements.»