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Chirurgie bâclée: règlement hors cour contre le Dr Imad Aad


Publié le 1 septembre 2017

En plus de ne pas avoir effectué l’ablation de la vésicule biliaire dans les règles de l'art, la famille de Karine Racicot reprochait au Dr Imad Aad de ne pas avoir effectué un suivi adéquat de la patiente, compte tenu des symptômes qu’elle présentait.

©TC Media - Archives

La famille de La Sarre qui avait intenté une poursuite de 348 000 $ contre le Dr Imad Aad, chirurgien au Centre hospitalier de Rouyn-Noranda, pour une chirurgie prétendument bâclée à la vésicule biliaire, a finalement réglé son dossier hors cour.

Yves Racicot et Josée Tremblay reprochaient au chirurgien d’avoir effectué sur leur fille, Karine Racicot, une chirurgie non conforme aux règles de l’art. L’opération, qui consistait à retirer la vésicule biliaire, avait donné lieu à des complications qui s’étaient soldées par l’ablation de la partie droite du foie de la patiente.

La famille accusait aussi le médecin d’avoir effectué un mauvais suivi post-opératoire en considération des symptômes que présentait alors Karine Racicot.

La poursuite avait été signifiée le 18 février 2016 à la Chambre civile de la Cour supérieure du Québec à Rouyn-Noranda. Après quelques prolongations des délais, le dossier s’est finalement réglé hors cour le 8 mai 2017. Les détails de l’entente n’ont donc pas été dévoilés.

De mal en pis

Les faits que la famille Racicot-Tremblay reprochait au Dr Aad s’étaient échelonnés du 23 mai 2013 au 1er août 2014. Tout avait débuté par une inflammation de la vésicule biliaire qui avait nécessité son ablation deux jours plus tard.

Lors de l’opération, le chirurgien avait constaté une lésion dans un conduit du foie. Il avait donc procédé à la mise en place d’un drain. Le 4 juin 2013, lors d’un contrôle de routine, le Dr Imad Aad avait constaté que le drain s’était déplacé. Il l’avait donc retiré.

Le 28 août 2013, Karine Racicot avait de nouveau été prise de douleurs intenses à l’abdomen. Après un traitement aux antibiotiques prescrit par le médecin à l’urgence, le Dr Aad avait conclu, le 4 septembre 2013, à une probable inflammation des voies biliaires dans le foie. Il avait prescrit un deuxième traitement aux antibiotiques. Le 1er octobre 2013, le Dr Imad Aad avait confirmé la guérison de la patiente.

Or, du 15 au 17 février 2014, Karine Racicot a de nouveau été victime d’une inflammation des voies biliaires. Après un traitement aux antibiotiques, le mal a récidivé quelques jours plus tard, nécessitant une fois encore des antibiotiques.

Abcès au foie

Six semaines plus tard, le 15 avril 2014, l’examen du radiologiste a révélé un abcès au foie provoqué par une inflammation des voies biliaires. Karine Racicot a alors été transférée par avion à Montréal. Jusqu’au 7 mai 2014, elle y a subi plusieurs traitements avant de retourner chez elle.

Le répit a toutefois été de courte durée puisque le 19 juillet 2014, l’abcès qu’elle avait toujours au foie a contraint Karine Racicot à retourner à Montréal. Cette fois, elle a dû se faire enlever la partie droite du foie, se faire poser un nouveau drain dans la partie gauche et se faire retirer une section de l’intestin grêle. Le 1er août 2014, sa mésaventure a finalement pris fin.

Dans sa poursuite, la famille Racicot-Tremblay alléguait que cette série d’événements était imputable à la première chirurgie effectuée par le Dr Aad. Comme celle-ci n’aurait pas été effectuée correctement, cela aurait eu pour effet de traumatiser les voies biliaires et d’entraîner toutes les complications subséquentes.

Deux poursuites depuis 2013

La poursuite intentée par la famille Racicot-Tremblay est la deuxième à laquelle le Dr Imad Aad a dû faire face au cours des dernières années. En décembre 2013, Michel Chrétien lui avait réclamé 963 000 $ à la suite d’une opération bâclée, un montant qui avait fini par passer à 1 364 000 $. Le dossier s’était finalement réglé hors cour le 15 novembre 2016.

L’histoire s’était déroulée en 2011. Le 7 août, le chirurgien devait lui retirer la vésicule biliaire. Or, le 19 août 2011, alors que M. Chrétien souffrait encore de douleurs à l’abdomen, un examen avait révélé que l’organe se trouvait toujours en place. L’enquête réalisée par le Syndic du Collège des médecins avait conclu que l’opération n’avait pas été effectuée correctement. Le Dr Aad n’avait pas subi de sanctions, mais il avait dû suivre un stage de formation.