Les erreurs du registre des armes à feu

Publié le 13 février 2016

Le 6 décembre 1989, un événement extrêmement malheureux s’est produit lorsqu’un fou a tué 14 jeunes femmes à l’École Polytechnique de Montréal. À la suite de cette tuerie abominable, le Parlement canadien a décidé de créer un registre pour le contrôle des armes à feu, mis en place à partir de 1997 par le gouvernement Chrétien.

- Par Marc Lemay

Certains diront que je n’ai pas toujours tenu le même langage. Mais ligne de parti oblige, j’ai dû à plusieurs reprises défendre l’indéfendable Marc Lemay

Or, deux grandes erreurs ont été commises.

Première erreur : créer un registre sous le coup des émotions. Sans écouter ou retenir les remarques des chasseurs, ce registre a été mis en place et dès sa création, il a connu des ratés. Tellement de ratés, qu’il a fallu investir, puis réinvestir des sommes considérables, non seulement pour le tenir à jour, mais également pour que le registre puisse s’appliquer partout à travers le Canada.

Deuxième erreur

La seconde erreur a été de créer un programme pancanadien, sans aucune connaissance des coûts pour son implantation. Ce registre, même si les partis politiques l’ont appuyé, de peur d’avoir les groupes de femmes contre eux, n’a jamais été très fonctionnel.

Certains diront que je n’ai pas toujours tenu le même langage. Mais ligne de parti oblige, j’ai dû à plusieurs reprises défendre l’indéfendable.

Aujourd’hui, le gouvernement du Québec s’apprête à faire la même erreur. Alors qu’il serait tellement plus facile de confier à la Sûreté du Québec et aux divers corps policiers d’être informé des achats d’armes au Québec. En effet, les marchands doivent tenir eux-mêmes un registre des personnes qui se sont procuré une arme. Il serait alors simple, surtout grâce à l’informatique, de transférer ces données aux policiers.

Par ailleurs, il m’apparaît très difficile de mettre en place un régime de contrôle des armes à feu au Québec lorsque les autres provinces n’en auront pas. Rien de plus facile, particulièrement dans notre région, pour un citoyen de se rendre en Ontario afin d’acheter une arme, puis de revenir au Québec.

À moins que je ne me trompe, le Québec n’est pas encore un pays et donc, peut difficilement établir un contrôle à ses frontières.

Il faut cesser de croire que tous les chasseurs, que tous les cultivateurs, que tous les ouvriers agricoles et autres travailleurs forestiers, qui ont des armes pour leur protection, sont des tueurs potentiels.

Avant de commettre la même erreur qu’au fédéral, qui a coûté plus d’un milliard de dollars aux contribuables, une bonne réflexion s’impose.