Ça suffit les enfantillages

Publié le 26 mars 2017

Le torchon brûle entre la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda et le ministre régional Luc Blanchette.

Pour simplifier, disons qu’il ne faudrait pas inviter au même party Jean-Claude Loranger, président de la Chambre de commerce et le ministre région. Il semble y avoir un désaccord profond dans la façon qu’à Luc Blanchette de traiter ses dossiers,

S’il y a un point que l’on peut toutefois reprocher au gouvernement libéral en place à Québec, c’est d’avoir, sous prétexte d’austérité, transformé plusieurs ministères, jusqu’alors présents en Abitibi-Témiscamingue, en coquilles vides.

Marc Lemay

Mais est-ce tout à la faute du ministre si certains dossiers n’avancent pas aussi rapidement que prévu? Personnellement, et sans vouloir tomber dans la théorie du complot, je pense que quelqu’un, quelque part, s’amuse à faire en sorte d’alimenter cette crisette dans un intérêt bien particulier. Car plus Luc Blanchette pose son attention sur les dossiers de sa circonscription, moins il s’occupe des dossiers de son ministère. L’inverse est aussi vrai. Chose certaine, il se passe quelque chose et les personnes impliquées auraient intérêt à se rencontrer derrière des portes closes pour faire le point une bonne fois pour toutes, car sinon, les dossiers n’avanceront jamais.

Un exemple? Selon la version du ministre, que je ne mets pas ici en doute, le dossier du centre multisport n’a jamais été à l’ordre du jour de ses préoccupations et aucun dossier à ce sujet n’a été déposé à son bureau. Lorsque l’on sait que ce projet est dans l’air depuis plus de quatre ans, il est évident que quelqu’un a dormi au gaz.

Sauf que les dossiers comme l’agrandissement de l’aéroport de Rouyn-Noranda ou le centre régional de radiothérapie ont définitivement atterri sur son bureau. Dans ce cas, pourquoi prennent-ils autant de temps à se concrétiser? Pourquoi a-t-on besoin de quatre annonces préélectorales avant de voir, enfin, leur mise en œuvre concrète?

Ce fut hélas, la même chose pour le dossier de la voie de contournement. On aura attendu 20 ans… Et la route n’est pas encore ouverte. Imaginez s’il faut attendre tout ce temps pour l’aéroport ou pour le centre de radiothérapie.

La Ville de Rouyn-Noranda, la Chambre de commerce et le député ont plus qu’intérêt à travailler ensemble et à cesser leurs disputes sinon, et je parle par expérience, d’autres profiteront de cette zizanie pour concrétiser leurs propres projets, en utilisant les ressources disponibles à nos dépends. Il en va du développement de l’Abitibi-Témiscamingue.

Un gouvernement des régions? Mon œil!

S’il y a un point que l’on peut toutefois reprocher au gouvernement libéral en place à Québec, c’est d’avoir, sous prétexte d’austérité, transformé plusieurs ministères, jusqu’alors présents en Abitibi-Témiscamingue, en coquilles vides.

Il y a deux semaines déjà, la journaliste Anne Blondin dévoilait dans ces pages que plus d’une centaine d’emplois avaient été perdus dans la fonction publique en Abitibi-Témiscamigue. Au total, c’est 14 millions $ en salaire qui ont été coupés dans notre région.

Le ministre régional, Luc Blanchette, a beau nous dire et je le cite : «qu’il est normal pour les ministères et organismes provinciaux de procéder à des réorganisations ou de revoir les pratiques de travail, tout comme cela se fait également dans les entreprises privées».

Hélas, M. le ministre, vous avez tort. Les gouvernements ne sont justement pas des entreprises privées. Les ministères ont bien souvent un rôle de proximité très important auprès des citoyens qui vivent en région. C’est le cas chez nous.

Le gouvernement libéral, sous prétexte de lutte au déficit, est en train de centraliser, que ce soit à Québec ou à Montréal, des décisions qui touchent quotidiennement notre région. Il faut que cela cesse. Il faut renverser la vapeur. Il faut, de toute urgence, rappeler à ce gouvernement l’importance des représentants régionaux des différents ministères.

À force de trop vouloir centraliser, nous en sommes rendus à un point où on ne peut tout simplement plus compter sur ce gouvernement.

Raison de plus pour les décideurs locaux et le ministre s’assoient ensemble et cessent leurs enfantillages.