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Lettre au juge Jacques Viens

Publié le 2 avril 2017

Jacques Viens présidera la Commission Écoute, réconciliation et progrès qui doit faire la lumière sur les pratiques des services publics envers les autochtones.

©TC Média - Archives/Martin Guindon

M. le juge, j’ai un peu hésité avant de vous écrire à la suite de votre désignation à titre de président de la Commission Écoute, réconciliation et progrès, commission qui doit faire la lumière sur les pratiques des services publics envers les autochtones.

Par Marc Lemay

Votre carrière de juge à la Cour supérieure étant terminée, je vous avoue que je croyais bien que vous prendriez une retraite bien méritée. Mais non, vous avez décidé de relever ce nouveau défi.

Je me permets quelques remarques, ayant été, dans une autre vie, porte-parole du Bloc québécois pour les affaires indiennes et le nord à la Chambre des communes à Ottawa. J’ai eu, au cours de ces années, à parcourir le Québec afin d’y rencontrer et comprendre les communautés autochtones. Une chose en est ressortie : les autochtones ne font pas facilement confiance. Il est très difficile de vraiment percer leurs sentiments profonds.

Je conviens que votre carrière exemplaire vous a permis de développer plusieurs qualités, telles la patience et la sensibilité qui vous seront très utiles lors de votre commission. Toutefois, l’écoute sera essentielle face à l’énorme travail qui vous attend. Savoir bien entendre et écouter ceux et celles qui viendront devant votre commission sera un gage de succès.

Pour développer cette écoute, vous devrez vous rendre dans les communautés. Non pas pour 24 heures, mais au moins deux ou trois journées afin d’écouter les sans voix de ces villages. Les chefs, on les entend souvent, on connaît leurs discours. Ce sont ceux et celles qui n’approchent généralement pas les micros qu’il faut sonder.

Dois-je vous dire que vous devrez sortir de Val-d’Or? C’est en allant constater sur place, dans les communautés éloignées et isolées, que l’on peut mieux comprendre toute l’étendue des problèmes sociaux auxquels ils font face.

Je n’ai aucun doute sur les compétences de ceux qui vous entoureront et qui guideront vos travaux. Je sais également que vous êtes la personne toute désignée pour ce travail de longue haleine. Vous avez les qualités requises et je crois fermement que la Commission fera des recommandations qui ne pourront ensuite rester lettre morte.

Comptez d’ailleurs sur moi pour pousser les politiciens à respecter votre travail. Bonne chance et bon travail.