«C'est dans les échecs qu'on devient plus fort»

Nicolas Roy a toujours su convertir les épreuves en sources de motivation


Publié le 8 février 2017

Si le talent de Nicolas Roy ne fait aucun doute, il a aussi toujours su se relever après chaque déception pour revenir encore plus fort. Son moteur? La passion.

C'est l'essentiel du message qu'a livré le hockeyeur originaire d'Amos devant plus de 250 convives au souper des gouverneurs du 54e Tournoi national midget (8 au 12 février) dont il est le président d'honneur. «Je suis surpris qu'à mon âge, vous me décerniez un tel honneur. C'est sûr que j'ai peu d'expérience dans la vie, mais il est vrai que j'ai commencé à accumuler un bon bagage de hockey», a déclaré d'entrée de jeu celui qui vient de célébrer son 20e anniversaire, le 5 février.

Le capitaine des Saguenéens de Chicoutimi a retracé son parcours, lui qui a eu le privilège de jouer tout son hockey mineur à Amos, incluant le midget AAA. «J'ai toujours été surclassé de deux ans, ce qui m'a permis de jouer avec ma sœur (Mélina, qui s'aligne avec les Geegee's de l'Université d'Ottawa)», a-t-il souligné, démontrant tout de suite un attachement à sa famille.

Je pense que c'est vraiment la passion qui fait la différence - Nicolas Roy

C'est aussi pour suivre son cousin (Alexis Roy, qui connaît du succès dans le junior A dans les Maritimes) qu'il a chaussé les patins pour la première fois. «Aussitôt que j'ai commencé, je n'ai jamais arrêté. C'est devenu une passion pour moi», a révélé celui qui a aussi excellé au tennis.

Faire face à l'adversité

Si tout lui semble facile sur la patinoire, Nicolas Roy a tout de même rencontré son lot d'adversité. Que ce soit de jouer à 14 ans dans le midget AAA, de se disloquer l'épaule à son année de repêchage junior majeur, jouer à 16 ans avec les Saguenéens ou encore être repêché beaucoup plus tard qu'anticipé dans la Ligue nationale après une saison de 17 ans difficile à Chicoutimi. Chaque fois, il a su tourner ces difficultés à son avantage.

«J'ai raté deux mois et demi quand je me suis blessé avec les Forestiers. J'ai travaillé fort en physiothérapie pour revenir le plus vite possible. J'ai eu la chance de participer à la Coupe Dodge et j'ai connu un excellent tournoi. Je pense que c'est la raison pour laquelle j'ai été le premier choix (en 2013). C'est une grande fierté pour moi, je ne m'attendais pas nécessairement à ça au début de l'année», a souligné le gaillard de 6'4''.

Une source de motivation

Déception aussi lors du repêchage de 2015 de la LNH, où après avoir été répertorié comme un choix de 1re ou 2e ronde, l'habile joueur de centre a finalement dû patienter jusqu'en 4e ronde avant qu'une équipe, les Hurricanes de la Caroline, ne prononce enfin son nom.

«C'est sûr que c'est décevant. Mais je m'en suis servi comme motivation. C'est dans les échecs qu'on devient plus fort. J'ai travaillé deux fois plus fort dans mes entraînements sur glace et hors glace pour arriver prêt la saison suivante. Je voulais démontrer que j'étais réellement un choix de 1re ou 2e ronde. J'ai connu une excellente saison, en terminant premier buteur (48 buts) et 7e marqueur (90 points) de la ligue. C'est ensuite que j'ai signé mon contrat avec les Hurricanes», a raconté celui qui s'était alors empressé d'appeler sa famille pour célébrer l'excellente nouvelle.

Il entend maintenant redoubler d'efforts au cours des prochains mois afin d'arriver prêt à son troisième camp professionnel pour se tailler un poste avec les Hurricanes.

 

Le fameux lancer de fusillade

Nicolas Roy n'a pu échapper aux questions sur la rondelle qui lui a échappé lors de son lancer en fusillade dans la finale du championnat mondial de hockey junior. Le Canada a ensuite dû se contenter de l'argent. Il réalisait néanmoins un de ses grands rêves en participant au tournoi.

«J'espère que les gens retiendront surtout mes performances et non mon lancer en fusillade», a-t-il blagué. Il a reconnu plus tard avoir ressenti beaucoup de pression lors de son lancer et qu'il avait déjà décidé de sa feinte avant de s'élancer de la ligne rouge. «Je pense que j'avais battu le gardien. Le pire, c'est que deux semaines plus tard, j'ai réussi la même feinte avec les Saguenéens», a-t-il confié.

Nicolas Roy a aussi laissé transparaître son sens de l'humour à quelques occasions pendant sa conférence. Il a notamment commencé à parler de sa participation au championnat en anglais, faisant ainsi allusion au fait que les joueurs devaient parler en anglais au sein d'Équipe Canada. «Je trouve ça correct, par respect pour les anglophones qui ne comprennent pas le français. Mais c'est sûr que si nous étions seulement des francophones, on se parlait en français», a-t-il fait valoir.