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80 ans pour l’Épicerie Gauthier de Sainte-Germaine-Boulé


Publié le 8 février 2018

Mélanie Hardy est fière d’avoir repris le commerce familial et compte le garder pour très longtemps.

©Photo La Frontière/Le Citoyen – Marc-André Gemme

L’Épicerie Gauthier de Sainte-Germaine-Boulé a réussi à passer à travers les époques, depuis la fondation du village jusqu’à aujourd’hui.

À peine un an après la naissance de la communauté, Louis-Philippe Morin voyait déjà le besoin d’avoir un magasin général. «Avant que M. Morin ne construise l’épicerie, il avait déjà aménagé un petit dépanneur dans sa maison, située à quelques mètres d’ici», a raconté Mélanie Hardy, copropriétaire de l’Épicerie Gauthier.

Deux ans après l’ouverture du commerce, M. Morin fait bâtir l’immeuble du magasin général LP Morin. Quelques années plus tard, Réal Gauthier, mari de la fille de M. Morin rachète le commerce et le renomme Épicerie Gauthier. Ce dernier a opéré le magasin jusqu’en 1995. Son fils a pris le relais pendant quelques années et, en 2005, Mélanie Hardy et son conjoint, Simon Chabot (petit-fils de Réal Gauthier), ont racheté l’épicerie. «On a gardé le nom parce qu’au village, tout le monde va chez Gauthier. On ne voulait donc pas toucher à ça», a expliqué Mme Hardy.

Dévitalisation

«Quand on a commencé à entendre parler des problèmes financiers de la Coop, ça nous a fait peur. J’étais sûre qu’on allait y passer», a relaté Mélanie Hardy.

Mais en fin de compte, tous les efforts mis en place par la direction de la Coop ont également été bénéfiques pour le dépanneur. «Je pense que les gens se sont rendus compte qu’il fallait acheter local et que s’ils perdaient la Coop, ils risquaient également de perdre le dépanneur, a-t-elle ajouté. On a tout de suite remarqué une augmentation de l’achalandage et de nos ventes.»

Malheureusement, les efforts de la Coop n’ont pas été assez pour garder le commerce en vie et il a fermé ses portes en avril 2017. «Dès le lendemain matin de la fermeture, on a vu l’impact, a indiqué Mme Hardy. Du jour au lendemain, on se retrouvait avec Loto-Québec et avec Postes Canada. Ç’a fait beaucoup de choses à gérer, mais les gens se sont adaptés rapidement.»

L’augmentation du chiffre d’affaires a permis à l’épicerie d’engager un nouvel employé, ce qui a grandement allégé le travail de la propriétaire.

Malgré les changements indéniables causés par la fermeture de la Coop, Mme Hardy se dit triste d’avoir vu son voisin mettre les clés dans la porte. «En tant qu’entrepreneure, je ne peux pas souhaiter ça à personne. Je les connais ces gens-là et je sais que ça pourrait être moi après», a-t-elle lancé.

Des avantages

L'épicerie offre de nombreux produits frais en plus des items standards d'un dépanneur.
Photo La Frontière/Le Citoyen – Marc-André Gemme

Une des raisons qui font que l’épicerie a survécu aux années vient du fait que le jeune couple a pu racheter le commerce de M. Gauthier à très bas prix et qu’il a rapidement remboursé sa dette. «Il faut aussi garder en tête qu’on ne vit pas que de ça. On a également un garage de mécanique automobile qui nous aide», a mentionné Mélanie Hardy.

Le but du couple de propriétaires n’a jamais été de devenir riche avec son commerce. Les deux font leur travail par passion et amour. «Mon but, c’était d’arriver à payer mes employés et mes factures. Si, à la fin du mois, il nous restait un dollar de profit, ben c’était correct. Dans le fond, nous, on fait ça parce qu’on aime ça», a-t-elle conclu.