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Salissage de campagne électorale à Roquemaure


Publié le 2 novembre 2017

De toute évidence, la bisbille politique continue encore à Roquemaure.

©Photo TC Media - Marc-André Gemme

La bisbille continue de régner dans la petite municipalité de Roquemaure, une campagne de salissage tente d’influencer le vote des citoyens.

Un citoyen de Roquemaure nous a contactés afin de souligner des irrégularités dans le processus électoral de la municipalité. On nous dit même qu’une plainte a été portée au directeur général des élections et que le scrutin de dimanche pourrait être invalidé.

La première allégation d’irrégularité concerne une publication par une candidate dans le journal local. «Le journal qui aurait dû être publié au mois d’octobre est sorti entre le jour de vote par anticipation et la journée du scrutin, a indiqué Robert Tailleur, citoyen de Roquemaure. Des candidats ont utilisé le journal pour écrire leur opinion et ils ne sont pas supposés d’utiliser un média qui appartient à la municipalité.»

Deuxièmement, on reproche que, lors du vote par anticipation, des gens proches de certains candidats faisaient partie des employés en charge du scrutin.

Finalement, on affirme que certaines personnes n’étant pas inscrites sur la liste électorale ont tout de même pu voter.

Après avoir reçu l’appel de ce citoyen, nous avons contacté la directrice générale de la municipalité, qui agit également à titre de présidente des élections, afin de discuter de ces accusations. Il semble que les faits reprochés soient légalement justifiés.

Publications dans le journal

«Dépendamment de la politique du journal, si ce sont des candidats qui veulent publier quelque chose dans la cache, ils doivent payer pour le faire. Dans le cas qui nous concerne, une candidate qui a été élue sans opposition a fait publier une publicité dans le journal, publicité qu’elle a payée», a expliqué Patricia Lamarre.

De plus, depuis plusieurs mois, le journal local réserve une place pour laisser la parole aux conseillers. «Les candidats en place ont le droit de donner de l’information sur les dossiers en cours, a ajouté la directrice générale. Ce n’est pas une tribune politique, s’ils voulaient faire de la campagne électorale, ils devaient le faire soit en achetant une publicité dans le journal ou en payant un publipostage par eux-mêmes.»

Employés du scrutin

Quant aux employés du scrutin, la situation était difficilement évitable. «J’ai vraiment fait de mon mieux pour former une équipe électorale à partir des gens les plus impartiaux, ou ceux qui s’affichent le moins au niveau de leurs allégeances politiques», a expliqué Patricia Lamarre.

Il faut mentionner que dans une municipalité de 400 habitants, dont la population est assez divisée par la politique municipale, c’est une lourde tâche que de trouver des employés complètement impartiaux.

Liste électorale

On reproche également à la présidente d’élections d’avoir fait voter deux personnes qui n’étaient pas sur la liste électorale. La présidente confirme qu’effectivement, deux personnes se sont présentées dans une situation semblable.

«Dès que l'absence d'inscription a été constatée, j'ai pris l'électeur en charge et je l'ai invité à me suivre dans le bureau. L'homme en question, M. Dubé, m'a informé qu'il est originaire de Roquemaure et y possède un terrain depuis longtemps et a toujours voté dans la municipalité», a expliqué Patricia Lamarre.

Elle a alors contacté le directeur général des élections du Québec (DGEQ) afin de connaître la procédure à suivre.

«J'ai délivré une autorisation de voter, conformément à la loi, à M. Dubé. La procédure de vérification a duré selon moi environ 20 minutes et j'ai assuré à M. Dubé que je faisais tout en mon pouvoir pour rétablir la situation, si j'étais en mesure de le faire. Il m'a d'ailleurs accompagné tout au long des vérifications, y compris lors de mon appel au DGEQ», a ajouté Mme Lamarre.

Un deuxième électeur qui ne figurait pas sur la liste s’est ensuite présenté au bureau de vote. «Pour cet électeur, la procédure de vérification a été moins longue, étant donné que je connaissais maintenant les indications du DGEQ», a expliqué la présidente.

Elle rappelle également qu’il est du devoir de tous de s’assurer qu’ils sont bien inscrits sur la liste électorale. «Les électeurs non domiciliés ont reçu les documents permettant leur inscription sur la liste, au début de septembre. Il était de leur responsabilité de s'assurer d'y être inscrit, tout comme les électeurs domiciliés», a-t-elle affirmé.

Salissage

Plusieurs citoyens semblent se donner comme objectif de salir la présidente des élections en dénonçant ces soi-disant irrégularités. «Lors du vote par anticipation le 29 octobre dernier, des injustices ont été remarquées. Un citoyen qui n’était pas sur la liste électorale a eu la permission de voter et un autre qui était sur la liste les années passées a été enlevé de la liste et a mis près de 45 minutes à se débattre pour pouvoir voter. Cela démontre bien que des citoyens sont privilégiés par rapport à d’autres», peut-on lire dans un envoi postal remis à tous les citoyens de Roquemaure.

Or, les deux personnes en question ont bel et bien pu voter tel qu’expliqué plus haut.

Un citoyen a même pris d’assaut les réseaux sociaux pour diffuser ce message : «Irrégularités élection Roquemaure, candidats avantages journal local, dossier a @electionsquebec », pouvait-on lire sur le compte twitter de Robert Tailleur.