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Lebel-sur-Quévillon: le maire Poirier résistera-t-il aux frères Lemoyne?


Publié le 3 novembre 2017

Le maire sortant de Lebel-sur-Quévillon, Alain Poirier.

©Photo - Gracieuseté

Dans le coin rouge, l’Équipe Denis Lemoyne, aspirant à la mairie. Dans le coin bleu, l’Équipe Alain Poirier, maire sortant.

Denis Lemoyne tente de déloger Alain Poirier de la mairie de Lebel-sur-Quévillon.
Photo - Gracieuseté

Les élections municipales du 5 novembre donnent lieu à une bataille rangée entre deux clans à Lebel-sur-Quévillon, petite ville nordique d’environ 2200 âmes où les deux candidats à la mairie se sont présentés avec des équipes complètes de six candidats pour les postes de conseillers.

Denis Lemoyne, qui a été conseiller municipal durant 12 ans (2001 à 2013), souhaite sortir Alain Poirier de l’hôtel de ville et reprendre là où son frère Gérald avait laissé il y a quatre ans, après un règne de deux décennies dans le siège de maire (1994 à 2013). Gérald Lemoyne sollicite d’ailleurs un nouveau mandat comme conseiller, lui qui a profité d’une élection partielle au printemps 2016 pour revenir au conseil municipal.

«Avec notre expérience et nos connaissances, on peut amener une différence dans la relance de la ville et de l’usine, soutient Denis Lemoyne. Par son expertise et ses contacts, Gérald est un gros actif. J’ai la passion de Lebel-sur-Quévillon, avec l’intention de travailler en équipe et avec les citoyens», ajoute-t-il.

Des visions différentes

De son côté, Alain Poirier, qui complète un premier mandat, est bien déterminé à rester au pouvoir. «Nous avons beaucoup travaillé sur le développement économique, des projets majeurs sont à venir, notamment au niveau minier et pour l’usine. On veut donc poursuivre le travail et être là quand ça va se réaliser», mentionne-t-il.

M. Poirier se dit confiant de remporter l’élection de dimanche malgré l’opposition venant des Lemoyne, qui en mènent large à Lebel-sur-Quévillon. «Les frères Lemoyne ont leur vision, qui est concentrée sur la relance de l’usine, tandis que nous, on est axés sur le développement par la diversité économique et sur la famille, raconte-t-il. Nous avons d’ailleurs été très actifs sur les réseaux sociaux durant la campagne électorale.»

Denis Lemoyne dit pour sa part avoir, outre la relance de l’usine, le développement économique (via le domaine minier), les finances de la municipalité et le tourisme comme chevaux de bataille. «La réponse est très bonne, notre campagne va super bien, les gens souhaitent que la ville reprenne de la vigueur, affirme-t-il. Quoi qu’il en soit, nous avons tous un but commun : relancer Lebel-sur-Quévillon et conserver nos entreprises.»

Hausses de taxes

M. Lemoyne reproche entre autres au maire sortant les hausses de taxes des dernières années. «Les taxes ont augmenté de 49% en moyenne sur une période de quatre ans», signale-t-il.

M. Poirier, lui, rétorque que ce chiffre est faux. «En fait, le taux de taxes est passé de 1,46 $ à 1,70 $ (du 100 $ d’évaluation) sur quatre ans, indique-t-il. Quand nous sommes arrivés, en 2013, on a perdu 2 millions $ en taxes de l’usine. Sur un budget de 5 millions $, ça fait mal. Il fallait donc combler le manque, explique le maire Poirier.

«Et ce que M. Lemoyne ne dit pas, c’est que l’évaluation des maisons a doublé, pour passer de 50 000 $ à 98 000 $ en moyenne, parce que l’économie a repris. C’est peut-être là qu’il le prend, son 49%, poursuit Alain Poirier. Autre élément, les services d’aqueduc, d’égouts et de cueillette des déchets domestiques ne coûtaient vraiment pas cher, à seulement 151 $ par année. Comme la Ville n’entrait pas dans ses coûts de services, on a dû ajuster à 300 $, ce qui est encore très raisonnable. Maintenant, on est stables», fait-il valoir.

Avenir prometteur

Avec entre autres la relance possible de l’usine de pâtes (voir plus bas), les projets miniers autour de la ville, incluant la future construction d’un concentrateur qui emploierait 175 personnes, et le projet de cannabis médical, l’avenir s’annonce prometteur pour Lebel-sur-Quévillon, selon M. Poirier.

«La ville a connu, en juillet dernier, sa meilleure vente de maisons depuis plusieurs années, ce qui prouve que les taxes n’empêchent pas les gens de s’installer à Lebel-sur-Quévillon», souligne-t-il.

Relance de l’usine de pâtes d’ici 2020?

Après de nombreuses démarches infructueuses au cours des dernières années pour lui trouver une nouvelle vocation, l’ancienne usine Domtar de Lebel-sur-Quévillon pourrait redémarrer avec sa vocation d’origine, les pâtes.

Tout en gardant confidentielle l’identité des compagnies impliquées, le maire Poirier confirme que des discussions sont en cours à cet égard. «Des scieries sont en surplus de copeaux, c’est un enjeu majeur, ça ferait du bien aux usines concernées et on a bon espoir d’une réouverture d’ici 2020», indique-t-il.