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Victoire à l’arraché du maire Matte à Senneterre


Publié le 6 novembre 2017

Non sans peine, Jean-Maurice Matte a obtenu un cinquième mandat à la mairie de Senneterre.

©Photo TC Média – Dominic Chamberland

Dans le camp de Jean-Maurice Matte, on entendait de grands soupirs de soulagement.

En poste depuis 15 ans, M. Matte a conservé la mairie de Senneterre aux élections municipales du 5 novembre, mais non sans se faire chauffer sérieusement par le jeune conseiller sortant Simon Roy.

Au terme d’une campagne électorale au ton parfois acrimonieux sur les réseaux sociaux, le maire sortant a finalement arraché une victoire serrée en récoltant 54,5% des votes exprimés, contre 45,5% pour son adversaire (739 voix contre 617, pour une majorité de 122).

Cette élection à la mairie de Senneterre, la seule dans la Vallée-de-l’Or, aura suscité passablement d’intérêt en ville avec un taux de participation de 58,5%, 1356 électeurs sur les 2340 inscrits ayant exercé leur droit de vote.

Une dure campagne

Jean-Maurice Matte, qui conserve le pouvoir pour un cinquième mandat, s’est dit bien heureux de la tournure des événements. «Ça n’a pas été une campagne facile, nous avons essayé de rester calmes, mais les campagnes électorales sur Facebook, où il n’y a aucun filtre, sont une nouvelle réalité, a-t-il mentionné.

«Ça n’a pas été facile pour les employés de la Ville non plus. Les gens autour de moi s’investissent beaucoup pour Senneterre, tandis que ceux qui s’expriment sur les réseaux sociaux n’en font pas nécessairement autant. Ce n’est pas tellement édifiant pour la démocratie», a renchéri M. Matte.

Combattre la longévité

Le maire Matte, qui avait signé une écrasante victoire aux élections de 2009 avec 81% des votes, dit ne pas voir un message dans le résultat serré de cette année, bien qu’il s’attendait à l’emporter un peu plus facilement. «J’avais à combattre la longévité. Quand ça fait longtemps que quelqu’un est là, ça peut jouer contre lui, a-t-il affirmé.

«On ne sentait pas sur le terrain une élection aussi serrée, mais M. Roy a fait une bonne campagne, il a amené des choses nouvelles et différentes, a reconnu M. Matte. La bonne nouvelle, c’est que notre ville garde son maire. Je vais continuer à être le maire de tous les citoyens et je me remets au boulot dès lundi matin. En bout de ligne, les gens sont satisfaits du travail qui a été fait. Nous avons réussi à nous maintenir et à nous développer malgré une crise forestière qui a fermé des villes ailleurs au Québec. Il faut continuer à être actif en projets de développement économique», a-t-il défilé.

De son côté, Simon Roy n’était aucunement abattu malgré la défaite. Contrairement à son adversaire, il voit un message clair dans ce résultat serré. «Ça démontre que les jeunes sont là et que les gens veulent plus de réponses sur le projet d’eau (en bouteilles) de même que plus de transparence à l’hôtel de ville, a raconté M. Roy, qui aura été conseiller municipal durant huit ans.

«Je ne suis absolument pas déçu; on décrivait M. Matte comme un monument, et ce monument a été sérieusement ébranlé, a-t-il poursuivi. Il incarnait la continuité et moi, le changement. Le statu quo peut être rassurant, tandis que le changement fait toujours un peu peur, ce qui peut expliquer le résultat. M. Matte va probablement dire que je suis un petit arrogant, mais regardez comment son avance a fondu par rapport à 2009. J’aurais aimé gagner, bien sûr, mais je suis satisfait de ces 617 votes.»

Pas de ‘’mamours’’

Même si ç’a parfois joué dur, Simon Roy dit ne pas sortir trop amer de cette campagne électorale houleuse. «Contrairement à mes adversaires, je n’ai rien pris personnel. Il ne fallait quand même pas s’attendre à ce qu’on se fasse des ‘’mamours’’, a-t-il signifié. Je sais qu’il y a eu du salissage de la part du clan adverse, mais bon, ça fait partie de la ‘’game’’, c’est la vie.»

Au début de la trentaine, M. Roy n’a probablement pas dit son dernier mot. «Il peut se passer bien des choses en quatre ans, mais il y a plus de chances que je me présente à nouveau aux élections de 2021 que le contraire. Pour paraphraser un grand politicien, je dis à la prochaine fois!», a-t-il lancé en souriant.