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Les investissements miniers enfin sur la bonne pente


Publié le 5 décembre 2017

Selon l’AMQ, le développement de nouvelles filières minérales, comme le projet de lithium et tantale Rose de Corporation Éléments Critiques en Jamésie, rendra l’industrie minière québécoise moins vulnérable aux cycles économiques.

©Corporation Éléments Critiques

Après une série d’années de décroissance, le secteur minier semble enfin de retour sur les rails, alors que les investissements réalisés au Québec en 2016 ont grimpé de 2,9 % par rapport à 2015.

Le bulletin annuel Mines et chiffres de l’Institut de la statistique du Québec révèle qu’en 2016, les investissements miniers ont totalisé 2,57 milliards $. En 2015, ils avaient atteint seulement 2,49 milliards $ soit le plus bas total des cinq dernières années depuis le record de 5,13 milliards $ enregistré en 2012.

Cette reprise devrait se traduire par une autre bonne année en 2017, alors que selon les intentions exprimées par les sociétés minières, les investissements devraient augmenter de 17,8 % par rapport à l’année précédente pour se chiffrer à 3,02 milliards $.

De ce montant, 539 millions $ devraient avoir été consacrés à l’exploration et à la mise en valeur de gîtes minéraux. Il s’agit d’un bond impressionnant de 81,3 % par rapport à 2016. Ces investissements avaient alors atteint 297 millions $. Le niveau de 2017 demeurera cependant bien en-deçà des 834 millions $ déclarés en 2011, au plus fort du boom minier.

L’Abitibi-Témiscamingue s’en sort le mieux

Du côté des régions minières, l’Abitibi-Témiscamingue s’en sort le mieux. Alors qu’ils avaient connu un recul modéré de 5,6 % en 2015, les investissements ont grimpé de 25,8 % en 2016, principalement en raison de la valeur de l’or. Du côté du Nord-du-Québec, un recul de 1,2 % a été enregistré en 2016. Il s’agit malgré tout d’une amélioration par rapport à 2015, où ce recul avait été de 17,0 %.

Le Nord-du-Québec se rattrape cependant au chapitre des dépenses consacrées à l’exploration et à la mise en valeur. Ses 145 millions $ la placent au premier rang, avec 48,6 % du total québécois. L’Abitibi-Témiscamingue la suit, avec 131 millions $. Cela représente 44,0 % de tout le Québec.

Ne pas baisser la garde

Pour l’Association minière du Québec (AMQ), ces chiffres démontrent que le secteur minier se relève enfin du cycle baissier des dernières années. Sa PDG, Josée Méthot, a cependant prévenu qu’il ne fallait pas pour autant baisser la garde.

«Cette croissance est salutaire et bienvenue, puisqu’elle démontrer que le secteur minier reprend de la vigueur. Par contre, lorsque le secteur minier se porte mieux, c’est là qu’il faut préparer l’avenir. Et cela passe notamment par un soutien gouvernemental aux activités minières», a-t-elle fait valoir.

L’AMQ a notamment insisté sur l’importance de développer de nouvelles filières minérales pour assurer la pérennité de l’industrie minière au Québec, par exemple le lithium, le phosphate, le graphite et les terres rares. «Chacune doit pouvoir compenser pour les baisses chez les autres», a souligné Mme Méthot.