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Rareté de la main-d'œuvre: la MRC Abitibi se mobilise


Publié le 13 avril 2018

Éric Lalibert, directeur général de la SADC Harricana, a présenté une synthèse de l'état de situation en lien avec la rareté de main-d'œuvre dans la MRC Abitibi.

©L'Écho abitibien/Le Citoyen - Martin Guindon

EMPLOI. Les intervenants de la MRC Abitibi poursuivent leur mobilisation afin de contrer les impacts économiques de la rareté de main-d'œuvre.

En tout, 13 partenaires du territoire ont uni leurs forces dans la foulée du colloque Défis RH qui a eu lieu en septembre dernier à Amos. C'est le maire Sébastien D'Astous, qui est aujourd'hui aussi préfet de la MRC, qui avait initié cette démarche en janvier 2017.

«Un comité directeur a été formé en octobre pour travailler sur un portrait de la situation et jeter les bases d'un plan d'action. Neuf orientations générales ont été retenues et seront précisées dans un plan d'action», a indiqué Éric Laliberté, directeur général de la SADC Harricana, en marge d'une conférence donnée à une quarantaine de personnes, le 12 avril à Amos.

Effervescence économique

S'appuyant sur une synthèse de l'état de situation, M. Laliberté a rappelé d'entrée de jeu que ce phénomène de la rareté de main-d'œuvre frappe l'ensemble des pays industrialisés, où la population est vieillissante et le taux de natalité, faible. En Abitibi-Témiscamingue, l'effervescence économique propulsée par l'industrie minière se fait sentir depuis dix ans, ajoutant une pression sur l'emploi.

On a pu assister dans la région à une augmentation significative du nombre de personnes en emploi (+9400), du taux d'activité et du taux d'emploi, alors que le taux de chômage (-7 points) et le nombre de prestataires d'assurance-emploi (-43 %) ont chuté de 2000 à 2017. Les prestataires qui reçoivent une aide de dernier recours ont également baissé de 44 %. Pendant ce temps, la population âgée de 15 à 64 ans a diminué de 7 %.

On observe les mêmes tendances dans la MRC Abitibi, où le bassin de main-d'œuvre se vide tranquillement. L’indice de remplacement des travailleurs (les 20-29 ans pouvant remplacer les 55-64 ans qui se retirent) va baisser jusqu'en 2022, où il atteindra un creux (67/100), avant de remonter lentement pour atteindre 85/100 vers 2036.

Neuf cibles

Parmi les neuf cibles que le comité entend développer dans un plan d'action, il est question de stratégies d'attractivité et de recrutement ciblées en fonction des emplois disponibles. On veut augmenter les taux d'emploi des bassins de travailleurs sous-représentés, avec de l'accompagnement et des formations adaptées, et accroître les taux de diplomation et les compétences.

«Il y a un regard à porter sur l'intégration en emploi des membres des Premières Nations. Le défi est identifié et nous avons des discussions avec Normand Morin de Pikogan. L'intérêt est là. Les gens veulent occuper des emplois. Le défi, c'est de faciliter leur entrée sur le marché du travail», a fait valoir Éric Laliberté.

Pour faciliter leur intégration, et celle des nouveaux arrivants qui peinent à s'établir durablement (ils sont à peine 200), il faudra aussi sensibiliser la population et les entreprises à la différence et l'inclusion sociale. «C'est l'un des défis de l'intégration. La différence fait peur», a-t-il rappelé.

Avec les entreprises

Un travail doit aussi s'effectuer auprès des entreprises. Le comité suggère de les accompagner pour réduire leur taux de roulement. «Il apparaît aussi évident que malgré tous les efforts qu'on entend faire, il y a des entreprises qui ne seront pas capables de pourvoir certains postes. On doit les accompagner pour qu'elles puissent adapter leurs opérations en conséquence», a indiqué Éric Laliberté.

Les partenaires s'affairent aussi à la mise en place d'une Table Ressources humaines.

Lors de l'activité du jeudi 12 avril, Marie-Laure Eude-Le Dorze a partagé sa solide expérience en rôle-conseil dans la gestion par les compétences, en relève et en gestion de la diversité culturelle dans une conférence ayant pour thème «Innover en élargissant son bassin de main-d'œuvre».

©L'Écho abitibien/Le Citoyen - Martin Guindon