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Les activités de chasse et de pêche sont en péril sous Blanchette, selon le PQ


Publié le 10 novembre 2017

Sylvain Roy, député du Parti québécois dans Bonaventure, en était à sa sixième région visitée dans le cadre de sa tournée pour la faune.

©TC Media- Thierry de Noncourt

Sylvain Roy, député de Bonaventure et porte-parole en matière de forêt, faune et parcs pour l’opposition officielle, dénonce les nouvelles règles fauniques et l’augmentation des baux pour les camps de chasse. 

Le député, qui était de passage en Abitibi-Témiscamingue à l’occasion d’une tournée pour rencontrer les usagers de la forêt, soutient qu’il y a un malaise chez les chasseurs et les pêcheurs, qu’ils se sentent abandonnés par le gouvernement, qui serait de moins en moins favorable à leurs activités.

«Ce que les gens nous disent c’est qu’ils ne sentent pas que le ministre (Luc Blanchette) reconnaît l’importance économique du secteur faune au Québec. C’est 1,6 milliard $ de retombées économiques, en excluant la Sépaq et les pourvoiries, ce sont 700 000 pêcheurs et 300 000 chasseurs», a déclaré M. Roy. Il soutient que Luc Blanchette, député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et ministre de la Forêt, de la Faune, et des Parcs, n’écoute pas les chasseurs et pêcheurs.

«Le ministre a interdit le poisson-appât partout, sauf le poisson mort en hiver. Ça peut mettre en péril certaines pourvoiries et certaines activités de pêche blanche. Le problème, c’est qu’en Ontario, on permet la pêche avec le poisson-appât. On voit donc une migration des pêcheurs vers l’Ontario. C’est un élément qui vient déstructurer une activité ancestrale», a dénoncé le député.

De plus, les pêcheurs seraient obligés de se tourner vers les leurres artificiels, qui sont indigestes pour les poissons et qui augmenteraient la contamination des lacs. «Ce sont des contaminants, des produits chimiques», a dit M. Roy.

Blanchette réplique

Le ministre Blanchette a répondu que la nouvelle réglementation avait pour but de protéger les plans d’eau contre les contaminations parasitaires. «Allez voir les plans d’eau en Ontario ce que ça donne, c’est catastrophique. Ce n’est pas vrai que l’on va faire de mauvais compromis, comme c’est une aire commune et qu’eux ne légifèrent pas. Honnêtement, on fait beaucoup de pression auprès du gouvernement de l’Ontario pour qu’il puisse s’arrimer avec nous. On parle de poisson-appât et de carpe asiatique depuis plusieurs années», a expliqué M. Blanchette. Il a ajouté qu’il y avait des leurres artificiels biodégradables sur le marché et que les pêcheurs devraient y avoir recours.

La forêt, pour les riches seulement?

Sylvain Roy a également dénoncé l’augmentation fulgurante des baux de villégiature pour les chalets et abris sommaires (camps de chasse) en forêt. À Rouyn-Noranda, cela représenterait une augmentation de 76 % entre 2009 et 2019, à Val-d’Or une augmentation de 375 % et à Amos, de 261 %. «C’est ce que j’appelle une gentrification de l’accès à la forêt, on semble vouloir retourner à une forme de privatisation de la forêt. Il y a toutes sortes de stratégies qui ne vont pas dans le sens de la démocratisation de l’accès à la faune», a-t-il dit.

Le ministre fait la différence entre les baux de villégiature et ceux pour les abris sommaires. «La MRC de Rouyn-Noranda a bien travaillé dans ce dossier, ils ont fait l’analyse en recensant près du tiers des camps de chasse et baux de villégiature et ils sont arrivés avec plusieurs recommandations qui nous permettaient de régulariser et de régler à peu près tous les problèmes avec une modification réglementaire, a confié le ministre. On travaille pour harmoniser les façons de faire entre les baux de villégiature et les camps de chasse.»

Relève et plaisir

M. Roy s’inquiète aussi pour la relève. «On parle de rupture de clientèle dans les prochaines années et ça risque de mettre en péril l’ensemble de la filière pêche. On semble observer un effondrement», a-t-il déploré. Même son de cloche de la part d’Yves Chalifoux, chasseur pêcheur expert et moniteur en maniement d’armes à feu. «Il faut que les gens et les jeunes aient du plaisir à pêcher, sinon, ils ne retournent plus.»

M. Roy a aussi dénoncé la fin de la chasse au caribou migrateur dans le Nord du Québec et les changements de dates pour la trappe, ce qui aurait une influence négative sur la qualité de la fourrure des animaux trappés. M. Blanchette a mis de l’avant l’effondrement des troupeaux de caribou pour justifier le moratoire sur la chasse sportive.