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Police: annonce accueillie avec réserve à Pikogan


Publié le 12 janvier 2018

Les nouvelles sommes injectées doivent permettre d'améliorer les salaires, d'embaucher des agents et d'acheter de l'équipement des différents services de police, dont celui de Pikogan.

©gracieuseté – Première Nation Abitibiwinni

SÉCURITÉ PUBLIQUE. L'investissement de nouvelles sommes par Ottawa pour la sécurité des collectivités autochtones réjouit le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni, à Pikogan, qui accueille toutefois l'annonce avec une certaine réserve.

Le ministre Ralph Goodale a annoncé le 10 janvier un investissement fédéral pouvant s'élever jusqu'à 291,2 millions $ sur cinq ans à compter de 2018-2019 dans les services policiers autochtones. Cette aide est destinée aux collectivités desservies par le Programme des services de police des Premières Nations. Les sommes permettront d'améliorer les salaires, d'embaucher des agents et d'acheter de l'équipement.

De meilleures conditions et avantages sociaux nous permettraient de retenir nos policiers

Inimiki Polson

«Ça fait depuis la création du programme dans les années 1990 que l'on réclame un meilleur financement pour nos corps policiers. Donc, on salue ces nouveaux investissements. Mais en même temps, on se garde une petite réserve, le temps de voir ce que ç'aura comme impact sur notre entente avec le fédéral et le provincial», affirme Inimiki Polson, directeur général du Conseil de la Première Nation Abitibiwinni.

Entente à renouveler

Cette entente tripartite de cinq ans arrive à échéance le 31 mars 2018. Le ministre Goodale affirme qu'il souhaite renouveler ces ententes d'ici cette date, mais il évoque aussi une possible prolongation d'un an.

«C'est ce qui est arrivé en 2013, ils ont prolongé l'entente jusqu'en 2014. On déplore d'ailleurs que nos services policiers fassent encore l'objet d'un programme gouvernemental au lieu d'être une loi comme pour les autres services de police. On demande que nos services de police soient reconnus comme un service essentiel et qu'on assure la pérennité de leur financement, au lieu d'attendre à la dernière minute pour renouveler l'entente», a fait valoir M. Polson.

Des besoins criants

Quant aux besoins de Pikogan en matière de sécurité publique, ils sont criants. La communauté reçoit environ 350 000 $ par année, dont 52 % provient du fédéral et 48 % du provincial. Pas moins de 85 % de ces sommes sont liées aux salaires et avantages sociaux, dont trois policiers et un directeur. Le Conseil de la Première Nation assume pour sa part les déficits qui totalisent plus de 250 000 $ depuis 2014.

«Ce sont des sommes qu'on doit assumer à même nos autres budgets pour l'éducation, la santé, le logement, etc. Il y a définitivement place à l'amélioration dans le financement de notre police. On a fait l'exercice à Pikogan et il faudrait ajouter 2 à 3 agents à temps plein pour assurer la sécurité des membres de la communauté, mais aussi de nos policiers», fait valoir Inimiki Polson.

Taux de roulement élevé

Ce dernier ajoute que le Service de police de Pikogan est aux prises avec un taux de roulement de personnel élevé, ayant vu passer de 5 à 6 policiers juste dans la dernière année.

«Notre financement actuel ne nous permet pas d'être compétitifs avec les autres corps policiers comme la Sûreté du Québec ou le Service de police de la Ville de Montréal. Il existe un assez grand écart salarial», affirme-t-il.