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Gendron réclame plus de soutien pour les agriculteurs


Publié le 22 mai 2018

«Il faut poser des gestes pour contrer ces deux éléments-là», a déclaré le député François Gendron en faisant allusion à la gestion des risques et le prix du lait.

©L'Écho abitibien/Le Citoyen - Martin Guindon

AGRICULTURE. Le député d'Abitibi-Ouest François Gendron appuie les agriculteurs qui demandent plus de soutien de Québec pour faire face aux défis particuliers de l'agriculture en Abitibi-Témiscamingue.

«Je demeure convaincu que la demande faite par l'UPA régionale (en avril) est réaliste, soit 2 M $ de plus par année pour soutenir les producteurs de la région qui sont nettement désavantagés en raison de l'éloignement et du climat», a déclaré le doyen de l'Assemblée nationale, lors d'un point de presse, le 18 mai, à Amos.

M. Gendron a rappelé qu'il y a de moins en moins de fermes (37 % de moins qu'en 2006) dans la région. On doit aussi diversifier davantage les productions. «On ne peut pas juste constater des reculs et ne rien faire. Si ce gouvernement avait une chance de répondre présent, c'était là», a-t-il affirmé.

Gestion des risques

Ce que réclame concrètement la Fédération de l'UPA d'Abitibi-Témiscamingue, c'est une bonification des programmes de gestion des risques pour améliorer les revenus des fermes des régions éloignées des grands centres, via notamment la Financière agricole.

Si elle salue les nouveaux programmes d'investissements annoncés par Québec dans sa Politique bioalimentaire, elle craint du même souffle que sans une bonification de leurs revenus, ses membres ne pourront pas assumer leur contrepartie pour bénéficier de ces programmes.

Pas adapté à la région

«Les agriculteurs se butent trop souvent à la dure réalité financière et aux nombreux facteurs de risques tels que la pluie, le gel, les changements climatiques et la courte saison estivale. Cela ne devrait jamais être un frein au développement, surtout quand tu commences dans la vie», a insisté François Gendron.

Ce dernier dénonce donc à son tour des politiques qui ne sont pas adaptées aux réalités des producteurs de la région. Il déplore notamment l'absence de mesures pour contrer l'accaparement des terres et le plafond de 50 000 $ du programme de drainage des terres agricoles qui empêche les producteurs qui en ont vraiment besoin d'en profiter pleinement.

«Ceux qui voulaient utiliser le programme l'ont fait et les autres ne le feront visiblement pas. Il faut hausser le plafond pour nous permettre de continuer le rattrapage qu'on avait amorcé avant de perdre ces sommes. La moyenne provinciale est à 60 % alors qu'elle se situe de 25 à 30 % dans la région. Quand on aura rattrapé le Québec, on pourra penser à étendre le programme à l'échelle provinciale», a fait valoir le député d'Abitibi-Ouest.

La crise du lait

François Gendron croit que Québec doit aussi agir face à la crise du lait qui se pointe à l'horizon, avec la chute du prix payé à la ferme. Celui-ci a atteint 0,64 $ le litre, le plus bas depuis 2004, alors que les agriculteurs ont besoin de 0,75 $ pour couvrir leurs frais de production.

«Le prix du lait est en chute libre. C'est la faute du fédéral qui continue d'accepter de plus en plus de produits étrangers à la frontière. Ça ne touche pas les consommateurs pour le moment, mais ça affecte nos producteurs de lait. Et ils n'ont pas les moyens de subir une autre restriction, a-t-il souligné.