Amos s'est raconté à plus de 7000 personnes

Serait-ce seulement la fin d'un cycle pour le circuit théâtral historique?

Martin Guindon martin.guindon@tc.tc
Publié le 12 août 2015

Les deux premiers maires d'Amos, Hector Authier (Bruno Turcotte) et David Gourd (Mathieu Proulx).

©gracieuseté - Micha Chopard

En quatre saisons, le circuit théâtral historique Amos vous raconte son histoire a été présenté devant plus de 7000 personnes, en incluant sa version en salle. Il s'agit d'un succès monstre pour cette grande aventure collective, dont c'était la dernière saison, à moins que...

Amos Deseskers a parcouru beaucoup de chemin avec ses anecdotes et ses personnages historiques depuis qu'il est né dans la tête de Véronique Filion, il y a plus de quatre ans. Pas moins de 62 représentations sur le circuit de 3 kilomètres qui conduit les spectateurs de la Maison Hector-Authier au Vieux-Palais.

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«Les trois premières saisons ont été présentées à guichet fermé. Cette année, on a commencé la saison à environ 60 % de notre capacité. On avait un peu négligé la promotion. Le spectacle s'est toujours vendu tout seul. On a fait un blitz dans les médias sociaux et on a fini en force, avec les deux dernières semaines à guichet fermé, dont 90 spectateurs pour la dernière représentation, hier (4 août)», raconte Bruno Turcotte, qui a travaillé à la direction et la production en plus de réaliser la mise en scène avec sa conjointe Véronique, tous deux des Productions du Raccourci.

Ce serait vraiment dommage que ça se termine cette année, ça nous ferait un pincement au cœur Bruno Turcotte

Une aventure collective

Pour les deux instigateurs de ce projet un peu fou, Amos vous raconte son histoire s'est avéré une belle et grande aventure collective. De 17 comédiens amateurs en 2012, la troupe a plus que doublé. Ils étaient 42 au cours des deux dernières saisons, dont un noyau d'une dizaine de personnes présentes depuis les débuts.

«Tout le monde a relevé le défi et a livré quelque chose de solide. On n'avait pas le temps de leur donner des cours de théâtre. Je les talonnais, surtout durant les dix premières représentations. On apportait des corrections. Le fait de jouer 16 ou 17 fois la même pièce durant l'été, ça permet aussi d'essayer des trucs, de découvrir la richesse de certaines phrases», fait valoir Véronique Filion.

Le personnage Amos Deseskers, incarné par Véronique Filion.
gracieuseté - Micha Chopard

Toujours présents

«C'est arrivé une seule fois en 62 représentations qu'une personne ne puisse être là et c'était pour des raisons de santé», souligne quant à lui Bruno Turcotte, qui ajoute que 47 entreprises et organismes ont supporté le circuit cette année.

«C'est beaucoup de gestion de ressources humaines. Il y a eu des bouts difficiles, des conflits et des découragements, mais au bout du compte, on va surtout se rappeler des beaux moments humains et artistiques», confie Véronique Filion.

Prêts à poursuivre

Les Productions du Raccourci ont donc remporté leur pari. Non seulement ils ont réussi à mettre sur pied un circuit touristique historique, ils en ont fait un véritable succès.

«C'est un circuit unique en son genre au Québec, avec un récit aussi dense, une histoire aussi épique présentée en continu…On parle de trois heures de stimulation. On se rend compte aussi que l'Abitibi et Amos, c'est une histoire plus grande que nature qui mérite d'être racontée. Ce serait vraiment dommage que ça se termine cette année, ça nous ferait un pincement au cœur», affirme Bruno Turcotte.

Véronique Filion et lui parlent plus de la fin d'un premier cycle. Ils se disent prêts à reprendre le collier pour un deuxième cycle, sous la même forme ou une forme différente. «Cette année, on a vu plus de monde de Val-d'Or et moins d'Amos. On sent que l'onde se déploie vers les autres villes après 4 ans», indique Bruno Turcotte, qui rêve aussi d'une tournée régionale dans les salles de Spectour.

«On n'est pas écœurés non plus de le faire, renchérit Véronique Filion. Il ne faudrait juste pas arrêter pendant trois ans et devoir tout recommencer. Tout est déjà là et la communauté a embarqué.»