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Accusé de violence sur son ex, il récidive sur sa nouvelle conjointe

Publié le 5 décembre 2017

La procureure de la Couronne a rappelé à la juge Peggy Warolin qu’une des deux victimes de Drolet disait encore le craindre. «Nous sommes devant un exemple frappant des conséquences de la violence conjugale: Madame est la victime et pourtant, c’est elle qui s’isole», a-t-elle fait valoir.

©Photo tirée de Facebook

Alors qu’il faisait déjà face à des accusations liées à de la violence conjugale à l’endroit de son ex-conjointe, un Rouynorandien a récidivé, mais envers une nouvelle conjointe. Le tout l’a conduit en prison.

Le 4 décembre au Palais de justice de Rouyn-Noranda, Sacha Drolet, 33 ans, a enregistré un plaidoyer de culpabilité à des chefs d’introduction par effraction, de voies de fait, de menaces, de harcèlement criminel, de publication d’une image intime sans consentement, de méfait et de bris d’engagement à l’endroit de deux ex-conjointes. Les gestes pour lesquels il a plaidé coupable se sont produits de manière sporadique entre juin et novembre 2017.

Problème de gestion de la colère

Tel que l’a relaté la procureure de la Couronne, Me Mélanie Gagné, Drolet a commencé par envoyer à répétition des messages textes et vocaux intimidants à l’endroit d’Isabelle (nom fictif). «Lorsqu’il a été averti qu’il allait être arrêté, l’accusé a publié sur les réseaux sociaux une image intime de la victime. L’image n’est pas demeurée longtemps en ligne, mais suffisamment pour qu’au moins une connaissance de la plaignante la remarque et l’en avertisse», a précisé Me Gagné.

Au début de septembre, alors qu’il ne vivait plus avec Isabelle, Drolet a eu une altercation avec Valérie, sa nouvelle conjointe. «Il l’a poussée contre le frigo et lui a craché au visage», a indiqué la procureure de la Couronne.

Au début d’octobre, alors qu’il lui était interdit d’entrer en contact avec Isabelle, Drolet lui a envoyé une dizaine de messages textes.

Une dizaine de jours plus tard, l’accusé s’est rendu au domicile de Valérie, alors qu’il n’avait plus le droit d’entrer en contact avec elle aussi. «Les deux ont discuté, puis une dispute a éclaté. Lorsque Madame a demandé à Monsieur de quitter, ce dernier lui a pris les bras et tenté de lui arracher un téléphone des mains. Il a finalement endommagé l’appareil avant de quitter», a raconté Me Mélanie Gagné.

Au début de novembre, Valérie a entendu du bruit à l’extérieur de son domicile. Elle a alors aperçu l’accusé, qui s’est mis en colère et a craché dans sa direction. Quelques jours plus tard, Valérie a reçu 42 messages textes de Drolet.

Enfin, le 10 novembre, ce dernier est retourné chez elle pour s’excuser et lui dire qu’il avait amorcé une thérapie de gestion de la colère. «La victime lui a alors répondu que leur relation était finie. À ce moment, l’accusé s’est fâché et a lancé son café vers elle», a mentionné Me Gagné. Drolet a été arrêté le 12 novembre. Il était gardé en détention préventive depuis ce temps.

Sous surveillance pendant trois ans

D’un commun accord, la Couronne et l’avocat de Drolet, Me Éric Daoust, ont suggéré à la juge Peggy Warolin une sentence de 160 jours de détention, assortie d’une probation surveillée d’une durée de trois ans. Comme Drolet avait déjà passé l’équivalent de 34 jours en détention préventive, à taux et demi, il lui en restera 96 à purger.

Il devra également verser un don de 1000 $ à l’organisme Alternative pour elles et compléter, durant la première année de sa probation, le programme SATAS d’aide en violence conjugale pour les hommes.

«Nous avons longuement discuté de cette proposition, a fait savoir Me Daoust. La durée de la détention peut paraître clémente, mais mon client sera par la suite sous surveillance pendant trois ans. Monsieur m’a également dit, de façon cavalière, qu’il avait trouvé sa détention préventive très désagréable. Je crois que le message va passer.»

La juge Warolin a entériné la proposition des deux avocats. «J’espère que cette période de détention va vous faire réfléchir et que vous allez régler votre problème de gestion de la colère, a-t-elle lancé à l’endroit de Drolet. Je vous encourage à continuer ce que vous avez amorcé pour que ça ne se reproduise plus. On parle quand même d’événements distincts rapprochés dans le temps et de gestes posés contre deux victimes différentes.»