Sections

Il refuse de se présenter à la Cour pour sa sentence

Réjean Gagnon avait rejeté le verdict de culpabilité rendu contre lui par la juge


Publié le 6 décembre 2017

Réjean Gagnon traîne un casier judiciaire passablement chargé. Du 18 mai 1989 au 21 septembre 2010, il avait été condamné à 14 reprises pour 34 chefs d’accusation répartis dans 21 dossiers différents. Parmi ces chefs figuraient dix cas d’agression armée, quatre cas de menaces, trois cas de bris d’engagement, deux cas d’omission de comparaître, un cas d’entrave à la justice et un cas de conduite dangereuse.

©TC Media - Patrick Rodrigue

Après avoir déclaré à la juge Peggy Warolin qu’il n’acceptait pas le verdict de culpabilité rendu contre lui à la suite d’un cas de rage au volant, Réjean Gagnon a choisi de ne pas se présenter au Palais de justice de Rouyn-Noranda pour recevoir sa sentence.

Gagnon, qui se représente seul depuis le début des procédures après avoir déclaré qu’il n’avait plus confiance envers aucun avocat, devait recevoir sa sentence dans la matinée du 6 décembre. La juge Peggy Warolin a plutôt reçu une lettre.

«Monsieur mentionne qu’il n’est toujours pas d’accord avec ma décision et qu’il n’entend pas se présenter à la Cour, ni aujourd’hui, ni pour aucune autre convocation», a-t-elle indiqué. Par conséquent, elle a émis un mandat d’arrestation contre Gagnon. Vers 11h30, celui-ci a été amené en salle d’audience par les policiers, menottes aux poignets.

«J’avais un rendez-vous chez le médecin, alors je pensais que ma cause serait remise», a expliqué l’accusé. «On vous a pourtant arrêté à votre domicile», lui a fait remarquer la juge Warolin.

Rage au volant l’hiver dernier

La procureure de la Couronne, Me Émilie Larose, a réclamé une peine comprenant une interdiction de conduire pendant six mois, une amende de 900 $ et une probation de six mois. Rappelons que le 17 novembre, la juge Peggy Warolin avait déclaré Gagnon coupable de voies de fait, de conduite dangereuse et de méfait contre un véhicule à la suite d’un cas de rage au volant. Les faits s’étaient produits le 17 février 2017.

Plus de 25 interruptions

Au lieu de plaider sa propre proposition de sentence, Gagnon a de nouveau argumenté, comme il l’avait fait lorsque la juge avait rendu sa décision, qu’il n’avait pas endommagé la voiture de la victime. La juge Warolin a d’ailleurs dû le rappeler plusieurs fois à l’ordre, pour finir par lancer qu’elle ne reviendrait pas sur sa décision et que celle-ci était finale.

«C’est une injustice, Madame la juge. Et j’en ai les preuves. Je conteste votre décision et je vais même me rendre en Cour suprême», a vociféré Gagnon, menace qui n’a nullement ébranlé la magistrate. «Vous ne vous rendrez même pas en Cour supérieure», lui a-t-elle calmement rétorqué.

Larmes aux yeux

Après avoir interrompu à plus de 25 reprises la juge Peggy Warolin, Gagnon a fait valoir, les larmes aux yeux, qu’il n’était pas riche et qu’il devait conserver son permis de conduire.

«Je suis asthmatique et j’ai subi une opération au cœur il y a un an. Là, j’ai appris que j’ai le cancer. J’ai besoin de ma voiture pour me déplacer et me rendre à l’épicerie. Depuis quelques années, je m’occupe aussi bénévolement de deux à trois personnes âgées, que je voyage avec mon véhicule. J’admets que j’ai une humeur inégale, mais ce que je vis en ce moment, ce n’est vraiment pas facile», a-t-il expliqué.

Me Larose ne s’est pas opposée à ce que l’amende de 900 $ soit convertie en 90 heures de travaux communautaires. «Par contre, je considère qu’avec les nombreux antécédents de Monsieur en matière d’infractions avec violence et avec des véhicules, le retrait du permis de conduire pendant six mois est raisonnable», a-t-elle fait valoir.

Conditions médicales en faveur de l’accusé

«Malgré vos antécédents, je demeure sensible à votre condition médicale et au bénévolat que vous accomplissez, a déclaré la juge Warolin à l’endroit de Gagnon. Je ne vous imposerai donc pas d’interdiction de conduire.»

Elle a par contre imposé à l’accusé 90 heures de travaux communautaires, à accomplir dans un délai de 18 mois, et une probation de deux ans. La sentence comprend aussi une interdiction d’entrer en contact de quelque manière que ce soit avec la victime.