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Procès Therrien: meurtrier ou juste vantard?


Publié le 31 janvier 2018

Le procès de Pascal Therrien, accusé de deux meurtres, s'est poursuivi mercredi avec les plaidoiries des avocats de la défense et de la poursuite.

©Photo - Archives

Ne ménageant aucun détail, les avocats de la défense et de la poursuite ont longuement présenté leurs arguments au jury lors des plaidoiries, mercredi au palais de justice de Val-d’Or, au jour 7 du procès de Pascal Therrien, 50 ans, accusé des meurtres de Bruce Béland en 2007 et d’Isabelle Lehouiller en 2015.

Durant 1 heure 15 minutes dans le cas du procureur de la défense, Me Rodrigue Beauchesne, et durant environ 2 heures 15 minutes dans le cas de la procureure de la Couronne, Me Véronic Picard, les avocats ont étalé leur preuve une dernière fois dans le but de convaincre le jury de sept hommes et cinq femmes de leur donner raison, ou du moins semer un doute dans leur esprit.

«Vous devez être attentifs à la crédibilité des témoins principaux et juger l’accusé non pas sur sa réputation ou son caractère, mais bien sur les faits, a mentionné Me Beauchesne au jury. Bruce Béland et Isabelle Lehouiller méritent que les coupables soient punis, mais le sort de Pascal Therrien doit être déterminé à partir de ce qu’il a fait, et surtout selon ce dont vous êtes sûrs qu’il a fait», a-t-il ajouté.

De son côté, Me Picard a fait valoir que Therrien avait un mobile pour supprimer Bruce Béland et Isabelle Lehouiller et qu’il s’est vanté à des agents doubles avoir commis les deux meurtres, agents doubles qui, pour le piéger, se faisaient passer pour des leaders d’une organisation criminelle souhaitant le recruter. «Vous avez entendu les enregistrements de ces aveux aux agents d’infiltration, aveux qui ont été, en majeure partie, corroborés lors des témoignages», a souligné Me Picard en s'adressant à son tour au jury.

Thèse rejetée

Dans sa défense, Me Beauchesne a argué que ce n'est pas en tuant Isabelle Lehouiller que l'accusé aurait pu espérer se faire rembourser l’argent qu’elle lui devait, avant de rappeler que lors de son témoignage, Pascal Therrien a expliqué qu’il s’était vanté avoir commis les deux meurtres même s’il ne les avait pas réellement commis, ceci dans l’espoir de monter en grade dans une organisation criminelle pour ainsi gagner beaucoup d’argent.

«Pascal Therrien a répété souvent, durant son témoignage, que c’est l’argent qui l’intéressait, a signalé Me Beauchesne. Il se croyait capable de soutirer un montant important à ces gens (les agents doubles) et leur a donc dit ce qu’ils voulaient entendre. Il n’a pas caché, dans son témoignage, qu’il n’était pas un citoyen exemplaire. Vous avez pu l’observer, voir des traits de sa personnalité. À vous de juger s’il pouvait être assez naïf pour se vanter de la sorte», a défilé l’avocat de la défense au jury.

La Couronne, pour sa part, rejette la thèse de la fausse vantardise. «Nous suggérons que l’accusé a dit la vérité aux agents d’infiltration, a soutenu Me Picard. Ça sonne vrai. Sinon, comment a-t-il pu leur donner autant de détails (sur les meurtres) si ce n’est pas lui qui a commis ces gestes? On suggère qu’il s’agit d’un fait vécu par l’accusé ou il a une imagination très fertile», a-t-elle renchéri.

Le procès Therrien reprendra lundi prochain, alors que le juge Richard Grenier donnera ses instructions aux membres du jury, qui seront ensuite séquestrés pour délibérer et décider du sort de l’accusé, lequel est passible de la prison à vie dans le cas d’un verdict de culpabilité.