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Meurtre de Daniel Dubois: Stéphane Trudel plaide coupable d'homicide involontaire


Publié le 10 mai 2018

Stéphane Trudel avant sa première comparution au palais de justice de Val-d'Or, en novembre 2014.

©Photo - Archives

Revirement de situation spectaculaire dans le dossier de meurtre de Stéphane Trudel, jeudi après-midi au palais de justice de Val-d’Or.

Accusé du meurtre de Daniel Dubois, tué par balle devant l’ancien bar de danseuses le Red Light en novembre 2014, Trudel a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire coupable, à la suite de négociations entre la Couronne et la défense au cours des dernières semaines.

Le juge Richard Grenier s’est rendu à la suggestion commune des deux parties en imposant une peine de 10 ans de prison à Trudel. Considérant la détention préventive, il lui reste environ cinq ans de pénitencier à purger.

Ce dénouement surprise évite ainsi la tenue d’un procès, qui devait d’ailleurs débuter la semaine prochaine. Au fil du temps, le chef d’accusation dans cette affaire sera donc passé de meurtre prémédité à meurtre non prémédité, et finalement à homicide involontaire coupable.

«Mon client a reconnu ses torts et la teneur des négociations (entre la Couronne et la défense) va demeurer confidentielle», a mentionné l’avocate de Stéphane Trudel, Me Marie-Hélène Giroux.

Celle-ci s’est bien gardée d’expliquer pourquoi elle et son client n’ont pas tenté de plaider la légitime défense dans un procès, considérant que la mort de Daniel Dubois semble être le résultat d’une altercation entre la victime et l’accusé. «C’est la décision qui a été prise», a simplement signalé Me Giroux.

En conflit depuis quelques mois

En plaidant coupable à une accusation d’homicide involontaire coupable, Stéphane Trudel a reconnu les faits rapportés en cour. Après avoir reçu un appel, le soir du 4 novembre 2014, l’accusé est parti de chez lui en disant (à sa conjointe) qu’il avait «quelque chose à régler».

À son arrivée au Red Light, Trudel a eu un bref mais vif échange verbal avec Dubois, qui l’invitait à se battre. Trudel s’est ensuite emparé de l’arme à feu se trouvant dans le coffre de son véhicule pour tirer à bout portant sur Dubois, qui allait succomber à un traumatisme abdominal à l’hôpital de Val-d’Or, peu avant 1h du matin, le 5 novembre.

Selon le rapport d’autopsie, le projectile qui a tué la victime a été tiré sur une distance de 2 à 5 mètres. «Les deux hommes se connaissaient depuis quelques années et ils étaient en conflit depuis quelques mois», a relaté la procureure de la Couronne, Me Andrée-Anne Gagnon, devant le tribunal. «Considérant où en était rendu le dossier, c’est une conclusion satisfaisante», a-t-elle ensuite affirmé en entrevue.

Mais puisque l’accusation est passée de meurtre prémédité à homicide involontaire coupable en moins de deux ans, peut-on dire que justice a réellement été rendue? Dans les circonstances, oui, selon Me Gagnon, car «chaque dossier a ses particularités.»

«Toujours prêt à aider»

En conclusion de cette longue affaire judiciaire qui aura duré trois ans et demi, Édith Dubois, la sœur de Daniel Dubois, a livré un témoignage empreint d’émotion devant le tribunal.

«Malgré la vie qu’il menait, mon frère était un homme de cœur toujours prêt à aider, a-t-elle souligné. Il aimait une chanson, ‘’Arrête-moi si tu peux’’, qui résume bien ce qui est arrivé, car les paroles disent : ‘’Mon Dieu, protège-moi de mes amis, mes amis, je m’en charge’’, alors que son meurtrier a déjà été un de ses amis. Daniel a tenté de l’aider, mais ça n’a rien donné. Je souhaite que mon frère puisse reposer en paix.»

En entrevue, Édith Dubois s’est dite déçue de la sentence imposée à Stéphane Trudel. «Dans les circonstances, valait mieux ça que rien et qu’il soit libéré, mais justice n’a pas été rendue; quand tu mets une arme dans ta valise de char avant de te rendre sur la 3e Avenue, ce n’est pas pour aller à la chasse à la perdrix…, a-t-elle exprimé. La réputation de mon frère n’a peut-être pas joué en sa faveur, mais c’est le système. Et ce qui est encore pire, c’est qu’on a déjà hébergé, nourri et aidé cette personne (Trudel). Maintenant que c’est terminé, on espère que ça va nous aider à passer à autre chose.»