Le coup de pouce d’Olivier Brett à la région

Jean-François Vachon jean-francois.vachon@tc.tc
Publié le 5 juin 2016

Olivier Brett a aussi prodigué ses enseignements aux joueurs du Boréal à Rouyn-Noranda.

©TC Media/Jean-François Vachon

Les entraîneurs et joueurs de soccer de la région ont pu profiter des enseignements d’une sommité du soccer en Olivier Brett.

«Chaque fois que je viens, c’est extraordinaire. La seule chose qui est difficile, c’est qu’on voit les entraîneurs et les joueurs une fois. On n’a pas le feed-back la semaine suivante ni les attentes qu’ils avaient avant. On a toujours un petit flou artistique à savoir si on a frappé la bonne corde», a-t-il confié.

Pour Olivier Brett, il est important d’aller en région offrir de la formation. «C’est mon défi. J’ai une connaissance intéressante au niveau du soccer, mais j’ai surtout une bonne méthode pour que l’enseignement donne des résultats plus rapidement. C’est ce que je veux partager avec les entraîneurs», a-t-il indiqué.

En Abitibi-Témiscamingue, il y a beaucoup de futsal. En termes de développement technique, la région a une longueur d’avance sur le plan de l’approche. Le futsal a été délaissé en raison de l’arrivée des centres intérieurs et je crois que c’est une erreur monumentale Olivier Brett

Cela lui permet aussi de témoigner de la réalité du terrain. «Il y a des choses écrites dans les livres ou qu’on nous dit dans certaines formations qui malheureusement ne s’appliquent juste pas à la réalité du Québec ou de certaines régions. Pour moi, ça permet de m’adapter de rester connecter là-dessus. Ça me permet d’être pertinent dans la vie des joueurs et des entraîneurs que je côtoie», a-t-il exposé.

Un avantage pour la région?

L’analyste de soccer a pu apprécier la qualité technique des joueurs de la région lors de son passage. «En Abitibi-Témiscamingue, il y a beaucoup de futsal. En termes de développement technique, la région a une longueur d’avance sur le plan de l’approche. Le futsal a été délaissé en raison de l’arrivée des centres intérieurs et je crois que c’est une erreur monumentale», a-t-il signalé.

En région, les différents terrains de soccer sont souvent disponibles pour les jeunes, que ce soit en journée ou en soirée. Cela consiste selon lui en un avantage important. «Les jeunes passent plus de temps dehors. En ville, on les prend dans la voiture, on les amène au terrain, au restaurant, à la maison. Ils passent moins de temps à jouer juste au ballon», a-t-il signalé.

Olivier Brett a expliqué aux entraîneurs quelques méthodes pour améliorer les entraînements.
TC Media/Jean-François Vachon

Le défi des régions

Malgré cela, en Abitibi-Témiscamingue, quelques défis doivent être relevés. «D’abord, c’est la compétition. C’est en se comparant en compétition avec d’autres joueurs qu’on peut voir où on a besoin de progresser et de s’ajuster. En même temps, ça permet de voir où on est bon. Il y a quelques équipes de la région qui font partie des ligues comme celle du Lac-St-Louis», a expliqué Olivier Brett

«Ensuite, c’est la qualité et la quantité d’entraînements. C’est le nerf de la guerre», a-t-il ajouté.

Le plus drôle, c’est que la télévision a aussi son mot à dire dans le développement du sport en région. «Je pense que l’accès à internet, à plus de matchs de soccer à la télévision, ça fait en sorte que les jeunes se donnent des modèles. On avait négligé un peu cet aspect: apprendre en regardant les meilleurs. Ça donne ainsi un coup de pouce aux gens qui n’ont peut-être pas accès au niveau de compétition qui se retrouve à Montréal», a-t-il fait valoir.

Ouvrir la brèche

Depuis l’an dernier, quelques joueurs de soccer de la région prennent la décision de tenter leur chance dans des sports-étude de la région montréalaise. «C’est un signal important de la santé du sport. Un, les jeunes d’ici intéressent les programmes où ils vont. C’est un gage du travail fait ici. Ils ont aussi le courage, l’ambition et la détermination d’aller dans ce genre d’aventures», a souligné Olivier Brett.

Deux joueurs du Boréal reçoivent les commentaires d'Olivier Brett après un exercice.
TC Media/Jean-François Vachon

«Ce sont les pionniers. Personne ne l’a fait avant eux. Il faut les saluer pour ça parce qu’il ouvre une brèche. Ça ne prend pas de temps avant que d’autres y passent aussi», a-t-il ajouté.

Un sport en émergence

Si le soccer gagne tranquillement des lettres de noblesse en région, Olivier Brett a remarqué que le sport a évolué. «Il y a des choses qui ne mentent pas. En 2012, quand on faisait des références à l’Impact, certains les comprenaient et d’autres non. Aujourd’hui, la majorité les comprend. Quand tu vas au parc, tu vois des jeunes avec des maillots de club de soccer. J’ai vu des joueurs être sur les terrains jusqu’à 9h le soir et être de retour à 9h le lendemain matin.»

Olivier Brett sait qu’il reste une marge de progression importante et il croit que l’Impact de Montréal sera le véhicule amiral de cette progression. «Surtout, s’il y a des Québécois qui jouent. Quand on va avoir un Patrice Bernier formé à l’Impact percé, l’important va être énorme. Il le sera encore plus quand ce sera des gars d’ailleurs, un peu comme Anthony Jackson Hamel qui vient de Québec. Pour les jeunes de leur région, ils ont des exemples concrets», a-t-il soutenu.